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Donald Trump Jr. : »Si tu ne peux pas supporter le harcèlement sexuel au travail, va au jardin d’enfants »

Donald Trump Jr

Une certaine vision du harcèlement pour le fils aîné du président américain | © AFP PHOTO / SAUL LOEB

Politique

Donald Trump Jr., le fils aîné du président américain, comparait dans la même interview que certaines plaintes pour harcèlement étaient guidées par le désir de « devenir riche rapidement ». Édifiant.

L’interview n’est pas récente. Elle date de 2013 dans l’émission «  »The Opie and Anthony Show » pour le site Buzzfeed News. Et ils furent exhumés par le site Salon.com en 2016. Mais les propos tenus résonnent encore plus fortement aujourd’hui dans le contexte de l’affaire Weinstein et de ses suites #MeToo et #BalanceTonPorc. L’homme d’affaires américain y tient un discours musclé et sans concession pour les femmes qui subissent et se plaignent de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Pour lui, c’est très simple : « Vous ne pouvez pas négocier des contrats d’un milliard de dollars si vous ne pouvez pas gérer le harcèlement sexuel » explique-t-il dans cette interview de plusieurs minutes sur le même ton.

Et il va plus loin : « si vous ne pouvez gérer le harcèlement sexuel en tant que femmes, votre place n’est pas dans nos entreprises mais plutôt dans un jardin d’enfants comme institutrice ou gardienne ».

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Enfin, pour Donald Trump Jr. le harcèlement sexuel est une question de « ligne à ne pas franchir mais que chacun doit tracer ». En résumé, pour l’homme d’affaires américain, le harcèlement est question de perception et peut même être vu comme une opportunité saisie par les femmes pour « devenir rapidement riche ».

De Donald Trump Sr. à Donald Trump Jr. : une triste tradition familiale

Ces propos en 2013 ne sont que la suite d’une longue « tradition » de propos scabreux et déplacés du père et du fils.En 2005, un micro resté actif avait enregistré des propos ouvertement machistes et vulgaires de Donald Trump qui se vantait de tentatives sexuelles sur des femmes, « d’attraper les femmes par leur sexe » ou « d’embrasser qui il voulait quand il voulait ». Le désormais président américain n’avait pas nié les propos mais s’était justifié en disant que cela ne reflétait absolument sa personnalité réelle et qu’il y avait prescription après 10 ans.

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En 2011, le fils avait tweeté en se moquant des protections contre le harcèlement sexuel en expliquant que « si vous ressemblez à  Mark McGrath (chanteur des Sugar Ray), vous pouvez harceler qui vous voulez. Les règles des ressources humaines ne s’appliquent pas ». Le tweet avait été supprimé en 2013. Mais trop tard pour effacer les traces.

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