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Penelopegate : François Fillon « présente ses excuses aux Français »

Épaules et tête basses, François Fillon a tenu à faire son mea culpa devant la presse. | © ©PHOTOPQR/LE PARISIEN ;OLIVIER LEJEUNE

Politique

François Fillon a commencé lundi après-midi sa grande opération transparence. Lors d’une conférence de presse, il a tenu à s’expliquer sur les soupçons d’emplois fictifs de sa famille.

D’après un article PARIS MATCH FRANCE de Emilie Cabot

Depuis son QG de campagne, il a abattu sa dernière carte. François Fillon a tenté de s’expliquer lundi après-midi lors d’une conférence de presse sur l’affaire d’emplois fictifs supposés mettant en cause sa femme et deux de ses enfants. Il a d’abord reconnu avoir employé sa femme comme collaboratrice parlementaire, un poste occupé pendant 15 ans pour une rémunération nette moyenne de 3 677 euros par mois, un salaire « parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et lettre », a-t-il affirmé.

Le candidat a déclaré que le travail de son épouse était « indispensable à (ses) activités d’élu » dans sa circonscription, détaillant des « tâches simples mais essentielles » accomplies par sa femme Penelope : gestion du courrier, tenue de l’agenda, préparation de ses interventions dans la Sarthe, représentation dans des manifestations locales… « Elle n’a jamais été ma subordonnée (…) Elle a toujours été, d’abord et avant tout, ma compagne de travail et ma collaboratrice », a-t-il insisté faisant référence à une interview de sa femme réalisée en 2007 dans laquelle elle déclare en anglais n’avoir jamais été l’assistante de son mari. « Penelope n’a jamais revendiqué de rôle dans la lumière. Elle a exercé dans la discrétion. On retourne aujourd’hui cette discrétion contre elle et contre moi », a fait valoir l’ancien Premier ministre.

©PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN – Capture d’écran de l’interview donnée par Penelope Fillon à un média britannique en 2007.

Penelope n’était pas assistante « à l’insu de son plein gré »

A une journaliste qui lui demandait s’il était imaginable que son épouse ait été employée à son insu comme collaboratrice parlementaire, François Fillon a répliqué : « Comment peut-on imaginer un seul instant que mon épouse, qui a collaboré avec moi depuis près de 30 ans, principalement dans le département de la Sarthe et ma circonscription, puisse l’avoir fait à l’insu de son plein gré (sic) ? Oui mon épouse était au courant, mon épouse est ma collaboratrice ».

François Fillon a aussi évoqué les emplois de deux de ses enfants, Charles et Marie, rémunérés chacun 3 000 euros par mois, respectivement pendant 6 et 15 mois alors qu’il était sénateur. « Tout cela était légal. Suis-je pour autant quitte sur le plan moral ? », s’est interrogé le vainqueur de la primaire de la droite. Conscient que « collaborer avec sa famille est désormais rejeté par les Français », François Fillon a reconnu que « c’était une erreur ». « Je le regrette profondément et je présente mes excuses aux Français », a-t-il déclaré.

« Rien ne me détournera des vrais enjeux »

Assurant n’avoir « rien à cacher », il a listé ses comptes bancaires et ses biens immobiliers. Et le candidat a promis de ne pas s’arrêter là, annonçant la publication sur Internet « d’un tableau des rémunérations perçues par (son) épouse, ainsi que (sa) déclaration telle qu’(il) l’a transmise » à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

Sur le site de sa campagne, François Fillon a publié une série de documents, désireux d’acter sa « nouvelle transparence ».

Enfin, alors que les activités de sa société de conseil sont actuellement passées au crible, François Fillon a assuré qu’« aucune entreprise russe » ni « le gouvernement russe » n’avaient fait partie de la liste de ses clients. « J’ai exercé de 2012 à 2016 cette activité en toute légalité, j’ai donné des conférences dans de nombreux pays, publiques, j’ai conseillé des entreprises », a expliqué l’ancien Premier ministre, citant « l’assureur Axa, la société Fimalac », propriété de son ami Marc Ladreit de Lacharrière et « la banque Oddo ».

« En aucun cas, les sondages ne pourront me faire changer d’avis »

Après cette opération transparence, il a voulu montrer qu’il n’abandonnerait pas. « Aucune instance n’a la légitimité » de remettre en cause le résultat de la primaire qui l’a désigné fin novembre candidat de la droite à l’élection présidentielle, a-t-il insisté, affirmant devant le parterre de journalistes que « rien ne (le) détournera des vrais enjeux ». « J’annonce ici même qu’une nouvelle campagne commence », a-t-il martelé, égratignant au passage ses deux principaux rivaux Marine Le Pen – issue  d’une « famille d’intouchables du domaine de Montretout »-  et Emmanuel Macron -« un gourou issu du système qu’il dénonce ».

François Fillon va donc poursuivre sa campagne marquée prochainement par des déplacements à Troyes, à Poitiers ou à La Réunion. Alors que son retrait est réclamé par certains membres de sa famille politique, il a aussi fait remarqué qu’il n’y avait pas de « plan B » à sa candidature, évoquant un « plan B comme berezina ». « En aucun cas, les sondages ne pourront me faire changer d’avis. Je suis candidat à la présidentielle pour la gagner ».

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