Fidèles au poste, des dirigeants catalans destitués résistent

Fidèles au poste, des dirigeants catalans destitués résistent

Le président de la Catalogne Carles Puigdemont, le 26 octobre 2017. | © EFE/Quique Garcia

Politique

Malgré avoir été destitués de leur fonction par Madrid, certains leaders catalans ont néanmoins fait acte de présence ce lundi au Parlement.

Vendredi 28 octobre. Il est 15h41 quand le Parlement de Catalogne vote une résolution ouvrant la voie à l’instauration d’une « République catalane, en tant qu’État indépendant et souverain, de droit, démocratique et social ». Quelques heures plus tard, le Sénat espagnol vote l’application de l’article 155 de la Constitution en activant le processus de mise sous tutelle des institutions catalanes.

« Au travail »

La tension est palpable avec droit devant, une « collision entre deux trains », pour reprendre les mots du maire de Barcelone Ada Colau. Dans cette marche folle vers l’indépendance, certains font de la résistance, notamment des dirigeants destitués de leur fonction par Madrid.

Fidèles au poste, Josep Rull i Andreu – conseiller au territoire de la région Catalogne – et ses collègues ont pourtant été destitués par le gouvernement Rajoy. Mais ce lundi 30 octobre, c’est bel et bien depuis leurs bureaux qu’ils se sont affichés le poing levé, rapporte le Huffington Post. Techniquement, ces dirigeants catalans n’ont plus le droit d’occuper les lieux et prennent le risque d’écoper d’un procès-verbal en résistant de la sorte.

Désobéissance indépendantiste

Assis à son « ancien » bureau, Josep Rull i Andreu indique « être au travail pour remplir la mission que lui ont confiée les Catalans ». Carles Puigdemont, le président de la région, a publié sur Instagram une photo prise à l’intérieur du Palais de la Généralité de Catalogne à Barcelone avec en légende, un « Bonne journée » accompagné d’un smiley. Enfin, la présidente du Parlement catalan Carme Forcadell, elle-aussi destituée, a partagé un tweet indiquant « Au travail » avec une vidéo où on la voit arriver au Parlement.

Bon dia 😊

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Acte criminel

Si au lendemain de la grande manifestation anti-indépendance qui a rassemblé des milliers de personnes à Barcelone, la Catalogne est désormais sous les commandes directes du gouvernement de Mariano Rajoy. Et la même question est sur toutes les lèvres : les dirigeants séparatistes destitués vont-ils résister en regagnant leurs bureaux ?

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Certains oui, en réponse à Madrid qui avait déclaré que les ministres destitués qui se rendraient à leur bureau dans un autre but que celui de récupérer leurs effets personnels commettraient un crime après l’application de l’article 155.

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