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Jérusalem : La décision de Donald Trump embrase le Proche-Orient

Cette décision nourrit les craintes internationales que M. Trump n’ait ouvert la boîte de Pandore, tant Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, constitue un sujet passionnel. | © BELGAWORLD

Politique

Deux Palestiniens tués dans des heurts avec les forces israéliennes, des frappes d’Israël en réponse à des tirs de roquettes: la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël a ravivé vendredi les tensions entre Israéliens et Palestiniens.

L’ONU est « particulièrement inquiète des risques d’une escalade violente », a déclaré Nickolay Mladenov, coordonnateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient, lors d’une réunion en urgence du Conseil de sécurité à New York.

« Jour de colère »

Les Palestiniens étaient appelés à un « jour de colère » à Jérusalem, en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza. Ils ont affronté par milliers les soldats et policiers les israéliens, des heurts qui ont fait deux morts et des dizaines de blessés. Vendredi soir, l’armée israélienne a indiqué avoir intercepté une roquette tirée depuis Gaza vers le territoire israélien. Elle a répliqué en frappant des positions militaires du mouvement islamiste Hamas dans cette enclave palestinienne.

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Cette riposte a fait 14 blessés selon le ministère palestinien de la Santé à Gaza. L’armée a fait état un peu plus tard d’un nouveau tir de roquette depuis Gaza ayant touché la ville israélienne de Sdérot. Selon la radio publique israélienne, cette roquette, la troisième tirée vers Israël vendredi, n’a pas explosé et n’a fait aucune victime.

Trump et la boîte de pandore

Des dizaines de milliers de personnes ont aussi manifesté dans plusieurs pays musulmans et arabes contre la décision du président américain Donald Trump sur Jérusalem. Sans être pour l’instant massive dans les Territoires palestiniens ou dans le monde musulman, cette protestation nourrit les craintes internationales que M. Trump n’ait ouvert la boîte de Pandore, tant Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, constitue un sujet passionnel.

Des décennies de diplomatie américaine remises en question

Rejetant « les sermons et les leçons« , l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley a répété que M. Trump n’avait « pas pris position sur les limites ou les frontières ». Elle a assuré que les Etats-Unis restaient engagés dans le processus de paix. Tournant le dos à des décennies de diplomatie américaine et internationale, M. Trump a déclaré mercredi que les États-Unis reconnaissaient désormais Jérusalem comme la capitale d’Israël et a annoncé le futur transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Une décision qui « ne favorise pas la perspective de paix dans la région » et « n’est pas conforme aux résolutions du Conseil de sécurité », ont affirmé vendredi les ambassadeurs de France, Royaume-Uni, Italie, Suède et d’Allemagne à l’ONU.

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Acte « historique » pour Netanyahu

Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu parle d’acte « historique » pour son pays, l’initiative de M. Trump continue à susciter la réprobation internationale. Depuis la création d’Israël en 1948, la communauté internationale n’a pas reconnu Jérusalem comme capitale. Elle considère que le « statut final » de la ville doit être négocié. « Aucun des problèmes de la région ne sera réglé par des décisions unilatérales, la loi du plus fort », a estimé le président français Emmanuel Macron. Le grand imam d’Al-Azhar, influente institution de l’islam basée au Caire, a annulé une rencontre prévue avec le vice-président des États-Unis Mike Pence lors d’une visite de celui-ci prévue en Egypte le 20 décembre.

(Avec Belga)

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