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Pascal Smet : Après Bruxelles la « prostituée », les excuses ratées

Le ministre s'est lâché dans une interview pour Politico. | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Politique

Face à la déferlante de critiques après une sortie sur Bruxelles qu’il compare à une « pute », le ministre  a fait ses excuses. Sans aucune mention précise aux travailleurs du sexe.

 

La comparaison avait de quoi étonner, voire choquer. Dans un récent podcast de l’émission de Politico « EU Confidential », le ministre bruxellois de la Mobilité et des Travaux publics Pascal Smet (sp.a), entre autres sorties sur sa ville de fonction, lâche : « Je compare assez souvent Bruxelles à une pute ou une prostituée. Parce que c’est beau et très salace, mais, en même temps, ça peut être laid. C’est attrayant et en même temps, ça ne l’est pas. Et c’est beau dans sa laideur, et laid dans sa beauté », avant d’ajouter, très sûr de lui, « mais dès que vous tombez amoureux d’elle, vous restez amoureux ».

Une sortie qui n’a pas plu à beaucoup, internautes, politiques comme médias. Ce 15 décembre, le Premier ministre Charles Michel réagissait sur Twitter en arguant que « Bruxelles et les bruxellois méritent du respect. Le mépris et les injures de Pascal Smet sont inacceptables », suivi par Rudy Vervoort : « Le stop au Brussels bashing s’applique à tous à commencer par les membres de mon gouvernement ».

Mais au cœur de la polémique, certains ont été plus choqués par l’image dégradante que Pascal Smet renvoyait des prostitués, plutôt que de Bruxelles. Les défenseurs des droits et du respect aux travailleurs du sexe, visés de manière rétrograde et stéréotypée dans les propos du ministre, s’insurgent publiquement : « Montrés du doigt parce que ’repoussants et dégoûtants’, les travailleurs du sexe sont stigmatisés par un ministre en plein dérapage incontrôlé, digne de Donald Trump », a déploré l’Union des travailleur(se)s du sexe organisé(e)s pour l’Indépendance, dans un entretien avec Le Soir.

Face à la vindicte populaire et à des appels de plus en plus vocaux à sa démission, le ministre bruxellois a réagit dans un court message sur Twitter ce vendredi : « Bruxelles est une ville duale. Attrayante et parfois pas. C’était le message. La comparaison était inappropriée. Je m’en excuse. Ceux qui me connaissent savent mon amour et la passion pour ma ville. #ilovebxl ». Des excuses… ratées pour quiconque aurait voulu davantage de considération de la part de Pascal Smet pour sa ville, mais aussi pour les travailleurs du sexe qui y officient. Manifestement peu conscient de la discrimination que portent ses mots, il n’a pas fait mention des « putes » qu’il attaquait en même temps que la capitale, préférant se concentrer sur Bruxelles plutôt que sur celles et ceux qui y marchent et travaillent.

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