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À feu de peau : Quand l’urticaire pourrit la vie sociale

Pour les personnes souffrant d'urticaire chronique, sortir boire un verre ou faire une course devient une véritable épreuve. | © Pixabay / StockSnap

Santé

Alors qu’elle semble banale et sans danger, l’urticaire peut avoir de lourdes conséquences et touche bien plus de Belges qu’on ne le pense. Parmi les symptômes encore méconnus, les spécialistes attirent l’attention sur les risques de dépression et d’isolement.

 

Ça vient, ça rougit, ça gratte, ça gonfle puis ça s’en va… Parce qu’elle se manifeste surtout en été et sous forme d’épisodes passagers, l’urticaire apparaît pour beaucoup banale et sans danger. Pourtant, comme le rappelle la plateforme Stop Urticaria à l’occasion de la journée mondiale consacrée à la maladie, ces démangeaisons sont loin d’être anodines et peuvent avoir de très lourdes conséquences.

Fausses allergies

Si l’urticaire peut survenir une seule fois dans une vie, les poussées peuvent souvent devenir récurrentes. C’est le cas des personnes atteintes d’urticaire chronique. « La forme chronique se manifeste au minimum 2 à 3 fois par semaine pendant au moins six semaines. Les plaques peuvent apparaître n’importe où sur le corps », explique Stop Urticaria. « L’urticaire chronique spontanée, la forme chronique la plus fréquente, se caractérise par une explosion imprévisible de plaques rouges gonflées accompagnée d’une sensation de brûlure. »

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Alors qu’elle peut toucher jusqu’à un Belge sur cinq, l’urticaire reste méconnue du grand public. Plusieurs idées reçues circulent autour de cette maladie inflammatoire, notamment celle de croire que les démangeaisons sont dues à l’allergie. « La majeure partie des urticaires ne sont pas des allergies, contrairement à ce que les patients pensent », soulignait la dermatologue Bernadette Blouard sur RTL. Après avoir mangé une fraise ou pris un médicament, « oui, ça arrive mais dans le cas de l’urticaire chronique, c’est important de savoir que ça n’a rien à voir avec une allergie ». Pour elle, inutile de faire tout un tas de bilans. « Il s’agit d’une maladie d’une cellule du sang appelée le mastocyte qui réagit et provoque l’urticaire, qui lui-même évolue par poussées sur des mois et des années. »

Selon une récente étude, 84% des patients atteints d’urticaire chronique mettraient leur vie sociale en veilleuse. © Unsplash / Rebecca Matthews

Vie sociale menacée

« Honnêtement, l’urticaire est extrêmement difficile à vivre au quotidien », poursuit Bernadette Blouard. Un avertissement qui fait écho à celui de plusieurs spécialistes, conscients du lourd impact de la maladie sur la vie quotidienne de ceux qui en souffrent. Stress, manque de sommeil, crises d’angoisse, sautes d’humeur : autant de conséquences qui s’accumulent si la maladie n’est pas traitée à temps et correctement. Selon une récente étude, 84% des patients atteints d’urticaire chronique mettraient leur vie sociale en veilleuse. Sortir boire un verre, faire une course ou aller travailler s’apparente à une véritable épreuve. L’étude souligne ainsi que 47% d’entre eux souffrent d’anxiété voire de dépression et que 38% se plaignent de trouble du sommeil. « Plus l’urticaire est sévère et plus ces pourcentages augmentent (…) le caractère imprévisible étant un facteur d’angoisse supplémentaire pour la majorité des patients », précise la plateforme.

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Les experts entendent ainsi sensibiliser sur les traitements révolutionnaires existants, même dans les cas chroniques. « Un tiers des patients atteints d’urticaire chronique ne consultent plus car ils ont perdu espoir. Et pourtant, il y a des choses à faire », confirme le Professeur Dominique Tennstedt, dermatologue aux Cliniques Universitaires de Saint-Luc.« La médecine évolue et dans la majorité des cas, même dans les cas d’urticaire chronique sévère, nous pouvons les aider », conclut-il.

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