La pollution de l’air, « le nouveau tabac » qui tue 600 000 enfants chaque année

La pollution de l’air, « le nouveau tabac » qui tue 600 000 enfants chaque année

pollution air

En 2016, la pollution de l'air à l'intérieur des foyers et à l'extérieur a entraîné la mort de 543 000 enfants de moins de 5 ans. | © Unsplash / Christian Sterk

Santé

Un nouveau rapport de l’OMS révèle que chaque jour, environ 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d’enfants) respirent un air si pollué qu’il met gravement en danger leur santé et leur développement.

 

600 000. C’est le nombre insoutenable d’enfants tués chaque année par la pollution de l’air. Tant en intérieur qu’en extérieur, celle-ci entraîne la mort d’enfants de moins de 15 ans en raison d’infections aiguës des voies respiratoires, a alerté lundi l’OMS.

La pollution de l’air est « le nouveau tabac », souligne le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, sur le site de l’organisation qui tient cette semaine à Genève la première conférence mondiale sur « la pollution de l’air et la santé ».

Crise de santé publique

À cette occasion, l’OMS a publié un rapport révélant que chaque jour, environ 93% des enfants de moins de 15 ans dans le monde (soit 1,8 milliard d’enfants) respirent un air si pollué qu’il met gravement en danger leur santé et leur développement. Selon l’OMS, environ 91% des habitants de la planète respirent un air pollué, ce qui entraîne quelque sept millions de décès chaque année. « Cette crise de santé publique fait l’objet d’une attention accrue, mais un aspect critique est souvent négligé : comment la pollution de l’air affecte particulièrement les enfants », relève l’OMS dans le rapport.

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En 2016, la pollution de l’air à l’intérieur des foyers et à l’extérieur a entraîné la mort de 543 000 enfants de moins de 5 ans et de 52 000 enfants âgés de 5 à 15 ans en raison d’infections aiguës des voies respiratoires, selon le rapport. Le rapport explique aussi que les femmes enceintes exposées à de l’air pollué sont plus susceptibles d’accoucher prématurément et d’avoir des bébés de faible poids à la naissance.

pollution de l'air
L’une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution atmosphérique est qu’ils respirent plus rapidement que les adultes et absorbent donc plus de polluants, pointe l’OMS. © Unplash / Arran Smith

La vulnérabilité de l’enfance

La pollution de l’air affecte également le développement neurologique et les capacités cognitives des enfants. En outre, les enfants qui ont été exposés à des niveaux élevés de pollution de l’air peuvent être plus à risque de développer des maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires plus tard dans leur vie. L’une des raisons pour lesquelles les enfants sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution atmosphérique est qu’ils respirent plus rapidement que les adultes et absorbent donc plus de polluants, pointe l’OMS.

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En outre, les enfants vivent plus près du sol, où certains polluants atteignent des concentrations maximales, à un moment où leur cerveau et leur corps sont encore en développement. Les nouveau-nés et les jeunes enfants sont également plus vulnérables à la pollution de l’air dans les foyers qui utilisent régulièrement des technologies et combustibles polluants pour cuisiner, se chauffer et s’éclairer. Lors d’une téléconférence de presse, le Dr Maria Neira, directeur du département Santé publique de l’OMS, a affirmé que la priorité pour la communauté internationale était d’accélérer la transition vers les « énergies propres, renouvelables ».

Pour un air pur et respirable

Ce jeudi 1er novembre, l’ensemble des parties prenantes à la première conférence mondiale sur la pollution de l’air lanceront un « appel à une action urgente » en faveur d’un air respirable. L’OMS espère voir émerger « une ambition renforcée » et un accord en faveur d’un « mouvement mondial pour un air pur », dans lequel des ministres, maires, organisations intergouvernementales et acteurs non étatiques s’engagent à parvenir, d’ici 2030, à des niveaux de qualité de l’air conformes aux lignes directrices de l’institution onusienne.

Avec Belga

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