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Quand la charge mentale concerne aussi la contraception

Emma revient avec "Les Conséquences" et répond aux hommes persuadés de porter, eux aussi, une charge mentale. | © Emma

Santé

Dans une nouvelle planche, la dessinatrice Emma ressort ses crayons affutés pour s’attaquer à la charge mentale dans de simples activités du quotidien. Comme s’habiller, manger et… se protéger.

Un an et demi après avoir popularisé le sujet de la charge mentale, encore méconnu à l’époque, la dessinatrice Emma revient sur sa prise de position avec une nouvelle planche intitulée « Les Conséquences ». « Quand j’ai publié ma BD sur la charge mentale, on m’a beaucoup demandé de parler aussi des hommes. Ainsi, si dans les couples hétérosexuels, les femmes portent en majorité le poids de la charge mentale ménagère, les hommes porteraient, eux, la charge mentale professionnelle. C’est vrai sauf que… les femmes aussi ! », explique l’illlustratrice dans sa nouvelle BD publiée le 15 novembre. « Aujourd’hui, la plupart des femmes ont un emploi, qu’elles cumulent avec les tâches au foyer. C’est pour ça qu’on parle de ‘double journée’. Si j’ai choisi de parler de la charge mentale ménagère, c’est parce que contrairement aux préoccupations professionnelles, celle-ci est spécifique aux femmes. Elle accentue les inégalités de genre ! », ajoute-t-elle avant de dénoncer les contraintes qui accompagnent les préoccupations presque quotidiennes que connaissent les femmes : les repas, le choix de la tenue, la sécurité dans l’espace public… et la contraception.

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À partir de l’adolescence jusqu’à la ménopause, la contraception est encore majoritairement une affaire de femmes dans un couple hétérosexuel. Au même titre que les protections hygiéniques. Ai-je pris ma pilule aujourd’hui ? Combien de plaquettes me restent-ils avant de voir le gynécologue dans 3 mois ? sont des questions qui reviennent assez régulièrement. « D’après l’Ined, 97% des femmes souhaitant éviter une grossesse utilisent une contraception – et pour plus de 70% d’entre elles, il s’agit d’une contraception féminine (pilule, stérilet…) », explique Emma.

L’implication des hommes dans la charge mentale reproductive

Si les hommes ont moins d’options accessibles pour se protéger – la pilule masculine peine à arriver sur le marché -, ce n’est pas une raison de s’en décharger. Les partenaires qui proposent de participer aux coûts financiers non-négligeables de la contraception féminine, comme la pilule, sont encore trop rares. Pourtant, la contraception sert aussi bien les hommes que les femmes. « Personnellement, je rêve du jour où les hommes se mobiliseront pour de nouveaux modes de contraception masculine. Mais de ce que j’entends dans mon entourage, on en est loin », écrit Emma avant d’évoquer l’excuse trop entendue des hommes qui ne veulent pas mettre de préservatif parce que « ce n’est pas le même sensation ». La dessinatrice invite ensuite les hommes à prendre leur part de charge mentale reproductive, en s’intéressant d’abord à celle de leur compagne : le prix de la contraception, sa disponibilité, ses effets secondaires. Et pourquoi pas envisager la vasectomie lorsque le désir d’enfant disparaît.

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Face aux hommes qui répondent « nous aussi, on a une charge mentale » ou qui évoquent une sorte de victimisation, Emma trouve les mots justes. « Non, pas vous aussi. Ou en tout cas, pas avec les mêmes conséquences. En plus, assez souvent, quand vous dites ça, c’est pas pour vous joindre à notre lutte, mais plutôt pour la faire taire. La preuve que la situation actuelle vous dérange pas tant que ça ».

Je suis de retour avec un nouveau sujet comme promis !J’en profite pour vous dire que je marcherai, comme beaucoup…

Publiée par Emma sur Jeudi 15 novembre 2018

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