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« Être séropositif coûte encore trop cher »

HIV

L’ASBL ExAequo demande un parcours de soins qui lie patient, médecin généraliste et spécialiste, pour atteindre à terme la gratuité des traitements et un meilleur remboursement de soins paramédicaux spécifiques. | © BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Santé

L’ASBL ExAequo, association de lutte contre le sida, a lancé une pétition réclamant la gratuité complète des soins de santé pour les personnes vivant avec le VIH.

 

Pour l’association ExAequo, qui lutte contre le sida, « être séropositif coûte encore trop cher ». Les personnes contaminées doivent se rendre chez le médecin tous les six mois, faire des analyses de sang, des frottis, des vaccins, et souvent se rendre à des séances chez le psychologue. Beaucoup de ces soins médicaux et para-médicaux ne sont pas toujours remboursés. Une injustice pour l’ASBL, qui a lancé une pétition.

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250 euros par mois

« C’est surtout la première année qui coûte super cher, explique Arnaud, 29 ans. Car, au début, on se rend trois à six fois par mois en consultation ». Ce collaborateur d’ExAequo estime qu’il a dans les trois années qui ont suivi la découverte de sa séropositivité déboursé chaque mois plus de 250 euros pour se soigner. Et la situation ne va pas forcémment en s’améliorant pour les malades qui, grâce au traitement, vivent de plus en plus longtemps. En vieillissant, une personne atteinte du VIH est en effet confrontée à de nouvelles maladies qui engendrent d’autres complications et frais supplémentaires.

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L’association pointe en outre des disparités dans le suivi médical mis en œuvre par les centres de référence sida (CRS). « Certains médecins imposent un traitement, d’autres laissent le choix à la personne », détaille Arnaud. Les tests pour détecter les infections sexuellement transmissibles (IST) sont parfois différents, comme leur périodicité. L’ASBL demande donc un parcours de soins qui lie patient, médecin généraliste et spécialiste, pour atteindre à terme la gratuité des traitements et un meilleur remboursement de soins paramédicaux spécifiques.

Une première version de la pétition lancée par ExAequo a déjà récolté plus de 1 700 signatures, dont celles d’une trentaine d’associations comme Médecins du Monde, la Plateforme Prévention Sida ou la Rainbow House. Elle doit être soumise jeudi à la ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block. La seconde version sera déposée au cabinet de la ministre à la fin du mois de janvier sous la forme de cartes postales représentant chaque signature.

Avec Belga 

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