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Vous ronflez ? C’est peut-être plus grave que vous ne le croyez

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Associé à des arrêts prolongés de la respiration (ou apnée du sommeil), le ronflement peut multiplier par deux le risque de contracter une maladie cardiovasculaire. | © Pexels/ Craig Adderley

Santé

Si dans la majorité des cas, le ronflement apparaît normal et sans danger, rappelons-nous qu’il existe des exceptions.

 

Bruyant, agaçant, tue-l’amour, insupportable, obsédant… Si l’on devait décrire le ronflement, ces mots seraient probablement les premiers à venir à l’esprit. Souvent qualifiés par des adjectifs négatifs comme « oppressant », « désagréable » ou encore « répugnant », les grondements nocturnes sont rarement considérés comme étant « graves » ou même « dangereux ».

Dans certains cas, le ronflement peut pourtant présenter des risques insoupçonnés, rappelle le Time. Notamment lorsqu’il intervient entre deux apnées du sommeil.

Vrombissement guttural

En Belgique, 20 à 30% des adultes souffrent de ronflement. « Lorsque nous sommes endormis, nous avons tendance à perdre du tonus musculaire, ce qui signifie que la langue se retourne et que les tissus et les muscles de la gorge et du nez se relâchent », explique au magazine américain le docteur Brett Comer, chirurgien cervico-facial à l’Université du Kentucky. « Lorsque vous inspirez et expirez, l’air qui passe sur et entre ces tissus relâchés les fait vibrer, ce qui provoque un bruit. C’est le ronflement. »

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Si dans la majorité des cas, le vrombissement guttural apparaît normal (suite à la consommation d’alcool, chez les personnes en surpoids, etc.) et sans danger, une étude de 2016 publiée dans le journal Sleep and Breathing précise qu’il existe des exceptions. En effet, les recherches indiquent qu’associé à des arrêts prolongés de la respiration (connus sous le nom d’apnée du sommeil), le ronflement peut multiplier par deux le risque de contracter une maladie cardiovasculaire.

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Image d’illustration. © Unsplash / Cris Saur

Trouble du sommeil et de la respiration

Comme l’explique de docteur Teemu Niiranen, auteur de l’étude et chercheur à l’Institut finlandais de la santé et du bien-être, le ronflement et l’apnée du sommeil peuvent conduire à une « hypoxie intermittente », causée par un manque d’oxygène dans les tissus de l’organisme. À terme, poursuit l’étude, cela peut également entraîner des lésions artérielles, des blocages ou encore une inflammation à l’intérieur de la poitrine.

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« Si l’on remarque que la personne arrête de respirer ou possède une respiration très superficielle pendant trois ou quatre secondes, puis que l’on entend une sorte de gargouillement ou de suffocation accompagnée d’un tremblement ou d’un sursaut – comme si le corps essayait de se réveiller – il serait préférable d’aller consulter un médecin », estime le Dr. Brett Comer. Ces symptômes pouvant être des signes d’hypopnée (diminution de l’amplitude respiratoire), de troubles du sommeil ou de la respiration.

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Image d’illustration © Unsplash / Mariano Nocetti

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Si un dormeur semble respirer normalement, bien que de façon très bruyante, le ronflement n’est pas un problème, résume-t-on. En revanche, outre les symptômes évoqués plus haut, une autre exception mérite toute votre attention. Quand une personne, qui d’habitude ne ronfle pas, se met soudainement à ronfler de façon importante, il y a de quoi s’inquiéter. « Le début d’un ronflement sévère peut être le signe d’une obstruction dans les voies respiratoires », avertit le chirurgien. Soyez donc vigilant aux bruitages nocturnes de votre compagnon de chambrée et n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

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