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Ce qu’il se passe dans votre corps quand vous détestez votre job

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Heureusement, certains symptômes sont là pour nous avertir que quelque chose ne va pas. Et qu'il est grand temps d'agir. | © Unsplash / Nikko Macaspac

Santé

Migraines, insomnies, perte d’appétit… Le travail peut nous rendre malade de multiples façons.

Si l’on en croit les études publiées ces deux dernières années, un Belge sur quatre est insatisfait de son travail, un sur cinq s’ennuie à force de faire un travail jugé « sans intérêt » et 86% des travailleurs belges prévoient de changer d’emploi dans le courant de l’année.

On le sait, le travail fait de plus en plus d’épuisés, de malades, de stressés, de déprimés, de frustrés… Des cas désespérés devenus tellement répandus qu’ils font désormais partie d’une triste réalité qu’on s’efforce à surmonter. Pourtant, le corps nous envoie parfois des signaux qui mériteraient d’être pris davantage au sérieux, alerte un article du HuffPost. Parce qu’une mauvaise semaine au boulot peut rapidement se transformer en un stress sans fin qui nous sape le moral et nous détruit la santé, certains symptômes sont là pour nous avertir que quelque chose ne va pas. Et qu’il est grand temps d’agir.

Vous dormez mal

Nul besoin de détester son travail pour faire des insomnies, nous direz-vous. Certes, dans une société rythmée par les ordinateurs, les téléphones et les emails, dormir ne se fait plus aussi spontanément qu’avant et c’est un fait. Mais en plus de rimer avec « métro », le dodo dépend aussi et pour beaucoup du boulot. Ainsi, comme l’affirme Monique Reynolds, psychologue clinicienne au Centre pour l’anxiété et le changement de comportement dans le Maryland, « soit les gens disent qu’ils n’arrivent pas à s’endormir parce que leur esprit est surexcité, soit qu’ils n’arrivent pas à rester endormis ». Dans le deuxième cas, « ils se réveillent en plein milieu de la nuit et commencent à gamberger sur toutes les choses qu’ils ont à faire », poursuit-elle. Dès lors, si vos nuits sont régulièrement hantées par le travail, « c’est le signe que quelque chose est déséquilibré », conclut l’experte.

Vous avez la migraine

Vous ne pensiez pas faire partie de la communauté des migraineux et pourtant, après une journée de boulot, vous avez souvent les tempes qui cognent et le cerveau en surchauffe ? La faute aux écrans ou au verre de vin (de trop) servi la veille, dira-t-on. Mais pour l’American Psychological Association, le lieu de travail peut pour certains être une zone de danger. Dès lors, le corps se met en mode « protection » et les muscles se contractent naturellement pour le rester pendant plusieurs heures. On comprendra donc qu’une tension chronique dans le cou, les épaules ou la tête peut facilement générer des migraines ou des céphalées de tension…

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Si le lieu de travail est perçu comme un environnement toxique, « le système nerveux se retrouve constamment dans un état de tension », explique Monique Reynolds. « On va toujours anticiper la menace pour être prêt à réagir face à un patron, un collègue ou une situation désagréable ». Ce qui aura forcément pour conséquence un effet négatif sur la santé.

Vous êtes plus souvent malade

Qui n’a jamais attrapé la crève la veille d’une réunion importante, souffert d’une sinusite après une semaine harassante ou été cloué au lit, assommé de fièvre à cause d’un agenda surchargé ? Comme le rappelle le Huffpost, de nombreuses recherches continuent de montrer que les stress chronique (dû à un environnement toxique ou à une surcharge de travail) peut affaiblir le système immunitaire et vous rendre plus vulnérable aux maladies. Si vous avez l’impression de tomber trop souvent malade, c’est peut-être (voire sûrement) le signe d’un déséquilibre personnel lié à vos conditions de travail.

Vous perdez votre libido

C’est bien connu, le travail empiète souvent sur la vie sexuelle, surtout pour ceux qui le ramènent à la maison. Comme le souligne l’American Psychological Association, les femmes qui doivent concilier le stress professionnel et leurs obligations personnelles et financières ont tendance à perdre leur désir sexuel. Chez les hommes, le stress chronique entraîne également une baisse de la production de testostérone… et donc une baisse de libido. « Pour que le sentiment d’excitation se produise, il faut qu’il y ait un certain degré de relaxation », explique Reynolds. « Il y a aussi le facteur temps. Les gens estiment ne pas avoir assez de temps pour avoir des relations sexuelles. »

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Unsplash / Niklas Hamann

Vous êtes tout le temps fatigué

Plus que de la fatigue, on parle ici d’une profonde lassitude qui malgré les grasses matinée et les siestes du week-end, persiste tout au long de la semaine. S’il n’y a pas de « comportement type » des personnes qui travaillent dans un environnement toxique, certains experts affirment que la fatigue chronique fait partie des symptômes physiques que les travailleurs peuvent avoir quand ils se sentent mal au travail.

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Votre système digestif vous joue des tours

Qui dit problèmes de digestion, ballonnements ou constipation, ne dit pas forcément alimentation. Les troubles digestifs sont d’ailleurs plus souvent liés au stress qu’au contenu de nos assiettes, indiquent les professionnels de la santé. Il n’est donc pas étonnant qu’une contrariété, une frustration ou tout autre stress lié au travail vous donne des maux de ventre. Tout comme E. Kevin Kelloway, chercheur à l’Université St Mary de Londres, qui raconte au Huffpost son ancien « job toxique » : « Au bout d’un certain temps, j’ai commencé à remarquer que tous les dimanches après-midi, j’avais mal au ventre », explique-t-il. « Ce n’était pas le symptôme en soi mais le moment précis (quand je pensais à ce que je devais faire le lundi matin) qui m’a averti de la connexion avec le travail. » Des symptômes qui ont « entièrement disparu » quand il a quitté ses fonctions de l’époque.

Vous perdez l’appétit

Le week-end à la maison ou lors d’un séjour en vacances, vous avez pourtant l’impression d’avoir un bon coup de fourchette ainsi qu’un appétit bien aiguisé. Mais à peine avoir passé les portes de la cafet’ du bureau, voilà que vous boudez votre bol de soupe tiède et votre paquet de biscottes entamé. Selon le Harvard Health Letter, dans une période de stress aigu, le corps libère une dose d’adrénaline qui ralentit (voire supprime le temps d’un instant) le processus de digestion. Raison pour laquelle on a parfois du mal à finir ses tartines ou sa salade avant de rejoindre sa boîte mail ou sa pile de dossiers.

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Mais le Harvard Health indique également qu’en cas de stress prolongé, le corps libère et accumule du cortisol, une hormone qui – à l’inverse – peut augmenter le sensation de faim. Quand le travail provoque une détresse émotionnelle à long terme, se tourner vers la nourriture (notamment les sucreries) peut alors devenir une solution de réconfort.

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