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Quand les ados se rebellent contre leurs parents anti-vaccins

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Image d'illustration. | © Karl-Josef Hildenbrand/dpa

Santé

Aux États-Unis, de plus en plus de jeunes tentent de se faire vacciner sans l’accord de leurs parents.

La méfiance à l’égard des vaccins fait partie des dix menaces pesant sur la santé en 2019, selon l’Organisation mondiale de la santé. Ce phénomène est en partie responsable des épidémies de rougeole qui sévissent dans plusieurs pays. Aux États-Unis, New York connaît même la pire épidémie de rougeole depuis des décennies, alors que « cette maladie avait été déclarée éliminée du pays en 2000 grâce à de vastes campagnes de vaccination », rapporte le site de la radio NPR. Au Texas, « quelque 60 000 enfants ne sont pas du tout vaccinés, en partie à cause de puissants lobbys anti-vaccins », explique le New York Times.

Face à ce mouvement anti-vaccins qui a convaincu de nombreux parents, de plus en plus d’adolescents refusent de les écouter et tentent de se faire vacciner sans leur accord. Dans la plupart des États américains, ils doivent attendre 18 ans, explique Slate. Sur Reddit, l’un de ces jeunes, Ethan Linderberger, a demandé des conseils. « À cause de leurs convictions, je n’ai jamais été vacciné, Dieu sait comment je suis encore en vie », écrit le jeune homme originaire de l’Ohio, l’un des 17 États dans lesquels les parents peuvent refuser de vacciner leurs enfants pour « raisons philosophiques ». En désaccord avec sa mère, Ethan explique au Washington Post avoir lu des articles scientifiques, avant de les présenter à sa famille. « Jes les ai analysés, il était clair qu’il y avait beaucoup plus de preuves dans la défense des vaccins », se souvient l’adolescent qui n’avait été vacciné qu’une fois, à 2 ans, contre le tétanos, après une coupure. Malgré les preuves présentées, sa mère s’y est opposée, prétendant que les vaccins sont des risques pour la santé. C’est seulement à l’âge de 18 ans, en décembre dernier, qu’il a pu se faire vacciner contre l’hépatite A, l’hépatite B et la grippe.

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Modification de la loi

D’autres jeunes ont suivi son exemple. Sur Reddit, un adolescent de Washington a écrit qu’il voulait se faire vacciner, mais qu’il n’était pas assez vieux pour le faire sans l’aval de ses parents. « Moi-même et mes frères et sœurs, tenons l’idée que les vaccins sont un problème de santé publique et une responsabilité personnelle dans l’intérêt de la population, et non un droit que vous pouvez révoquer de vos enfants », a-t-il écrit. Un autre jeune homme, en septembre, s’est identifié comme un adolescent de 15 ans du Minnesota, a demandé conseil sur le même réseau social pour l’aider à analyser les lois de l’État afin de se faire vacciner.

« Cette génération d’enfants non vaccinés qui ont atteint l’âge adulte a étudié la science et veut se protéger », a déclaré Allison Winnike, directrice générale d’Immunization Partnership, un groupe de défense des vaccins sans but lucratif basé au Texas. La lutte contre la vaccination s’est étendue et a trouvé un large public après la diffusion d’une étude de 1998, désormais démentie, liant certaines vaccinations à l’autisme. « Maintenant, vous voyez des enfants devenir majeurs, sortir d’un nuage de désinformation », poursuit la directrice.

Face à cet intérêt, Ethan Linderberger pense que les lois doivent être modifiées afin que les jeunes puissent décider de se faire vacciner sans l’accord de leurs parents avant 18 ans, a-t-il déclaré au Washington Post. Il dit également regretter avoir insulté ses parents dans son post sur Reddit, et conseille plutôt les autres adolescents à entamer un dialogue positif et transparent avec leurs parents. En attendant, il s’inquiète pour son frère de 16 ans et sa soeur de 2 ans, que sa mère refuse de faire vacciner. « Ça me brise le cœur qu’elle puisse attraper la rougeole et qu’elle puisse en mourir ».

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