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Comment le joint quotidien fait de vous un être psychotique

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Fumer quotidiennement de la marijuana peut provoquer des troubles psychotiques (hallucinations, paranoïa, troubles de la perception, schizophrénie...), affirme une nouvelle étude. | © Pexels

Santé

Pour la première fois, des scientifiques sont parvenus à confirmer le lien entre la consommation de cannabis et le taux de psychose dans une population.

 

On savait qu’il abîmait la dentition et qu’il était responsable de certains effets indésirables sur le cerveau des adolescents. Désormais, on sait que le cannabis est également lié aux troubles psychotiques.

C’est le résultat d’une étude publiée ce mercredi dans la revue The Lancet Psychiatry et qui a fait grand bruit. Selon les recherches des scientifiques du King’s College de Londres, réalisées dans 11 villes européennes (dont Paris, Londres, Amsterdam et Barcelone) et une brésilienne, la consommation quotidienne de cannabis, particulièrement fort en THC (au-delà de 10%), est liée au risque de développer une psychose.

Un joint par jour

Il s’agit de la « première preuve directe de l’influence de la consommation du cannabis sur l’incidence des troubles psychotiques », écrivent les auteurs de l’étude. Plusieurs études avaient d’ores et déjà pointé du doigt les effets indésirables du cannabis sur le cerveau, associant la consommation de marijuana à une augmentation du risque de développer une schizophrénie comme d’autres troubles psychiatriques. Mais c’est la première fois qu’une étude établit un lien clair avec la psychose et autres maladies psychotiques.

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Comme l’affirment les chercheurs, fumer quotidiennement de la marijuana peut provoquer des troubles psychotiques (hallucinations, paranoïa, troubles de la perception, schizophrénie…). Afin de mieux comprendre les facteurs de risque associés à l’apparition des premiers troubles, les scientifiques ont comparé les participants n’ayant jamais fumé de cannabis avec ceux qui en fumaient régulièrement. Ainsi ont-ils découvert que ceux qui fumaient un joint tous les jours (et à forte concentration en THC) « présentaient un risque de troubles psychotiques quatre fois plus élevé dans l’ensemble de l’échantillon, avec une augmentation de cinq fois à Londres et de neuf fois à Amsterdam« , relate le magazine Sciences et Avenir.

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Selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, le taux de THC a augmenté de manière significative en Europe depuis une décennie. © Unsplash / Get Budding

Diminuer les doses

« Nous montrons que si les types de cannabis à forte puissance n’étaient plus disponibles, 12% des cas de trouble psychotique du premier épisode pourraient être prévenus en Europe« , alertent les auteurs de la publication, convaincus que fumer souvent du cannabis peut provoquer l’apparition de maladies psychotiques.

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Or comme le rapporte la RTS, la teneur en THC demeure encore très forte selon les pays. Aux Pays-Bas, elle peut atteindre jusqu’à 30% tandis qu’à Londres ou en Suisse, la moyenne avoisine les 15%. Si le cannabis contenant moins de 10% de THC est encore largement consommé en Europe, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies indique que le taux de THC a augmenté de manière significative en Europe depuis une décennie, souligne la radio-télévision suisse. Un constat qui ne présage rien de bon, estiment certains experts qui voient dans cette étude l’opportunité de relancer le débat sur la baisse (nécessaire) des taux moyens de THC dans le cannabis.

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