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Garanti sans gueule de bois, l’alcool synthétique débarque bientôt dans nos cocktails

alcool synthétique

Baptisé "Al­ca­relle", ce nouveau type d'alcool promet toutefois les mêmes sensations d'ébriété. | © Pexels / Alem Sánchez

Santé

D’après son créateur, l’alcosynth permettra au consommateur de contrôler son degré d’ivresse, selon s’il veut « se la coller » ou simplement rester pompette.

 

Dans le monde merveilleux des fêtards, on rêve tous d’un jour où les soirées arrosées ne seront plus suivies de lendemains difficiles, à base de maux de tête, de fatigue et de nausées. À condition de conserver sa fidèle compagne, la boisson et son effet indissociable : l’ivresse. Grâce à David Nutt, expert britannique en addictologie de l’Imperial College de Londres, l’impensable pourrait pourtant (et prochainement) arriver.

La fin des gueules de bois

Annoncée pour la première fois en décembre 2017, la fin des gueules de bois serait-elle sur le point d’arriver ? C’est en tous cas ce qu’affirme le créateur de l’alcool synthétique, une boisson miracle garantie sans maux de tête, fatigue ni nausées et présentée comme inoffensive pour la santé. Baptisé « Al­ca­relle », ce nouveau type d’alcool promet toutefois les mêmes sensations d’ébriété. Trop beau pour être vrai ? Certainement pour les experts de l’industrie de l’alcool… mais pas pour David Nutt.

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Dans un entretien accordé au Guardian, cet éminent professeur et ancien conseiller du gouvernement britannique en matière de drogues, explique comment l’alcosynth va révolutionner le rapport des gens à la consommation d’alcool et devenir « la boisson préférée des sociétés occidentales ». Mais avant cela, « nous devons prouver qu’il n’est pas toxique et ne présente pas les effets pervers de l’al­cool », indique-t-il.

alcool synthétique
D’après son inventeur, l’alcool synthétique pourrait être commercialisé d’ici cinq ans, sous forme d’additif ou d’ingrédient alimentaire. © Unsplash / Michael Mroczek

Conserver les bons effets (et mieux les contrôler)

Éliminer les effets nocifs de l’alcool tout en conservant son côté désinhibant et euphorisant ? C’est possible, en étudiant à la loupe les effets de l’alcool sur le cerveau. « Nous savons à quel endroit du cerveau l’alcool a ses ‘bons’ et ses ‘mauvais’ effets ainsi que les récepteurs qui en sont les médiateurs, comme le Gaba [acide γ-aminobutyrique], le glutamate, la sérotonine ou encore la dopamine », explique le scientifique. « Les effets de l’alcool sont certes complexes, mais il est possible de cibler les parties du cerveau que l’on souhaite ». D’après son créateur, l’alcosynth permettra alors au consommateur de contrôler son degré d’ivresse, selon s’il veut « se la coller » ou simplement rester pompette.

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Loin d’être anti-alcool, lui-même s’offrant le plaisir d’une petite goutte de whisky avant de dormir, David Nutt espère simplement proposer une alternative inoffensive aux boissons alcoolisées. Laissant ainsi le choix au consommateur entre « la boisson pour faire la fête » et celle « du dîner d’affaires ». « Si on découvrait l’alcool aujourd’hui, il serait considéré illégal en tant que produit alimentaire en raison de sa toxicité », estime-t-il. Avec son associé David Orren, l’inventeur de l’alcool sain se donne cinq ans pour réglementer la molécule, afin de la commercialiser en tant qu’ad­di­tif ou ingré­dient alimen­taire, rapporte le site Ulyces. Il souhaite ainsi collaborer avec les entreprises de boissons en leur fournissant son produit miracle, afin qu’elles créent des cocktails que le monde risque de s’arracher. Du moins si l’on en croit les prédictions du scientifique qui déclarait en 2017 qu’avec l’alcool synthétique, « les gens ne boiront plus d’alcool d’ici 10 ou 20 ans, à part lors de rares occasions ». On demande à voir.

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