Le bienfait surprenant du décalage horaire sur le cerveau

Le bienfait surprenant du décalage horaire sur le cerveau

décalage horaire

Image d'illustration. | © Unsplash/Leandro Maldini

Santé

Il peut être vu comme l’ennemi numéro 1 du touriste. Pourtant, le décalage horaire pourrait avoir un étonnant effet positif sur le cerveau.

Il est encore loin pour certains, mais le retour de vacances fait toujours un peu mal. En plus de la nostalgie, l’ex-touriste, de nouveau derrière son bureau, doit faire face à un autre rival à sa productivité : le décalage horaire. Connu également des personnes travaillant de nuit, ce dernier sème la pagaille dans le corps, en perturbant l’horloge interne. Fatigue extrême à 12h30, envie d’un petit-déjeuner au milieu de la nuit… Le jetlag arrive très souvent à modifier le rythme de sommeil. Et ce, même si le voyageur s’obstine à calculer dans l’avion quand il peut dormir pour le ressentir le moins possible.

Lire aussi > L’astuce scientifique pour éviter l’enfer du jetlag

S’il est source de stress, de fatigue ou encore de possibles problèmes de santé sur le long terme (développement de certaines maladies cardiovasculaires et risque accru de diabète et de cancer), le décalage horaire peut, selon une nouvelle étude citée par Slate, être bon pour le cerveau. Menée par le département de neurosciences de l’Université américaine de Northwestern, cette recherche montre qu’un peu de stress cérébral temporaire, accompagné d’une perturbation de notre horloge circadienne – qui régule notre rythme veille-sommeil -, pourrait paradoxalement aider à protéger le cerveau du stress et les neurones des maladies neurodégénératives comme celle d’Alzheimer, de Parkinson ou de Huntington.

décalage horaire
© Unsplash/Abbie Bernet

Pour étudier comment l’horloge circadienne contribue à ces maladies, les auteurs de l’étude ont examiné le gène qui les régule, en induisant un décalage horaire chez des mouches de fruits. Selon le journaliste Fredrick Kunkle du Washington Post, le cerveau de cette espèce est relié aux rythmes circadiens de la même façon que celui des humains. Pour simuler un scénario de décalage horaire typique, les scientifiques ont établi un cycle veille-sommeil perturbé de 20 heures. Résultat : le décalage horaire protège et renforce même les neurones du cerveau de ces mouches, et retarde l’apparition et la progression de maladies neurodégénératives, explique le journaliste américain.

Des résultats surprenants pour la directrice de l’étude

« Cela semble contre-intuitif, mais nous avons montré qu’un peu de stress est bénéfique », déclare Ravi Allada, directrice de l’étude et experte en rythmes circadiens dans un communiqué de presse. « Nous savons depuis longtemps qu’une horloge perturbée est un indicateur précoce d’une maladie neurodégénérative. Dans de nombreux cas, la perturbation du sommeil précède tout autre symptôme. Mais nous ne savions pas si la perturbation circadienne était une cause ou une conséquence de la maladie ». Pour cette experte qui s’attendait à ce que le jetlag nuise au cerveau, les résultats sont surprenants. « Il s’est avéré que l’horloge était importante – mais d’une manière que nous n’avons pas prédite », a-t-elle poursuivi. Ravi Allada entend poursuivre ces recherches afin d’enquêter sur la maladie d’Alzheimer. Son objectif ? Mieux comprendre comment ralentir davantage la progression de différentes maladies neurodégénératives.

CIM Internet