Les grasses matinées ne serviraient à rien, et seraient même mauvaises pour la santé

Les grasses matinées ne serviraient à rien, et seraient même mauvaises pour la santé

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Les grasses matinées nous feraient du mal. | © Kinga Cichewicz / Unsplash

Santé

Selon une récente étude américaine, la grasse matinée serait contre-productive et pertuberait nos organismes.

Vous pensez rattraper votre dette de sommeil de la semaine avec des grasses matinées le week-end ? Le samedi matin vous ronflez jusque midi ? Le dimanche vous trainez au lit le plus tard possible ? Vous avez peut-être tout faux. Une nouvelle étude de l’Université du Colorado dévoile que non seulement en dormant plus en fin de semaine on ne compense pas le manque de sommeil, mais que cette mauvaise habitude serait en plus nocive pour la santé.

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L’étude publiée dans la revue Current Biology a tiré ses conclusions en obsersant le sommeil de 36 adultes pendant neufs nuits. Les participants étaient séparés en trois groupes : le premier groupe pouvait dormir 9h par nuit, le deuxième n’était pas autorisé à plus de 5h de sommeil, et le troisième pouvait alterner entre les deux. Les chercheurs ont remarqué que contrairement à ce que le bon sens pouvait nous laisser penser, dormir plus pendant quelques jours ne servait à rien et n’atténuait pas le déficit de la semaine.

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Pire, les grasses matinées seraient même contre-productives. En voulant rattraper rapidement une dette de sommeil, on augmente notre résistance à l’insuline, ce qui réduit la capacité de l’organisme à pouvoir métaboliser les sucres. Les scientifiques expliquent ces effets négatifs par le décalage que nous imposons à notre horloge biologique en dormant plus longtemps le week-end : le réveil tardif dérègle notre métabolisme et le prive de la lumière du matin.

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Annie Spratt / Unsplash

Désaccords sur l’oreiller

Ces travaux font écho à ceux menés par l’université d’Arizona qui a mis en évidence que chaque heure de sommeil supplémentaire pendant les jours de repos augmente de 11% le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Cette habitude de décalage entre notre planning hebdomadaire et notre horloge biologique, que certains scientifiques qualifient de « jet lag social », impacterait également l’humeur.

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Avant de régler vos réveils pour votre prochain week-end, le chronobiologue Claude Gronfier suggère sur France Inter de voir les résultats d’autres études observant des indicateurs différents, comme la digestion ou la cognition. D’autres ont en effet conclu que de bonnes nuits de sommeil étaient sources de longevité et que rester au lit rendrait l’imagination fertile. En attendant que de nouvelles expériences soient conclusives, profitez-en pour vous offrir quelques (dernières) grasses matinées sans culpabliser.

 

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