Paris Match Belgique

Pourquoi pleurer parfois devant ses enfants leur serait bénéfique

pleurer

Image d'illustration. | © Unsplash/Jordan Whitt

Santé

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il peut être bénéfique et sain d’avoir des parents qui expriment leurs émotions.

En tant que parent, il est naturel de vouloir protéger ses enfants de la brutalité du monde extérieur. Quand les émotions les rattrapent, ils sont tentés de les réprimer ou de cacher leurs larmes afin de ne pas se montrer vulnérables et de préserver leur progéniture. Pleurer devant ses enfants à l’occasion peut pourtant leur être bénéfique. « Cela leur permet de voir qu’il est normal d’exprimer ses émotions », explique ainsi la thérapeute professionnelle agréée Tammy Lewis Wilborn, au HuffPost.

La normalisation des émotions est importante dans l’apprentissage des enfants. En raison de leur peu d’expérience, les plus jeunes se posent souvent des questions. Ils se demandent tous s’ils sont normaux, pourquoi ils sont si tristes, etc. Si, lors d’une situation bouleversante telle que la mort d’un grand-parent, un enfant est témoin du chagrin de ses parents, il comprendra qu’il n’est pas le seul à éprouver de la tristesse. Ce sentiment commun lui apprend alors à mieux gérer ses émotions. Il s’humanise davantage.

Lire aussi > Quand les ados se rebellent contre leurs parents anti-vaccins

Expliquer les causes

Interrogée par le site américain, la psychologue pour enfants Jillian Roberts souligne que la communication est primordiale. « Les enfants seront souvent déconcertés et effrayés s’ils voient leurs parents vraiment bouleversés. Après la crise, il est important de faire de votre mieux pour lui expliquer, en tenant compte de son âge, que vous avez été très ému, mais que vous allez bien, et que vous allez continuer à aller bien. » Les parents doivent également demander à leurs enfants de parler de leurs propres émotions et leur assurer qu’ils ont le droit de se confier sur les sujets qui les dérangent. « Il est important de lui donner un peu de contexte, afin de l’aider à comprendre qu’il n’y est pour rien », ajoute Tammy Lewis Wilborn.

Cacher ses émotions ou ne pas lui expliquer les causes de sa tristesse part d’une bonne intention. Les parents veulent préserver leurs enfants des côtés sombres de la vie. Mais, lorsqu’ils n’ont pas assez d’informations pour comprendre ce qu’ils voient, les enfants comblent les lacunes eux-mêmes. Ce qui finit par produire le résultat inverse de celui escompté.

triste
© Unsplash/Tadeusz Lakota

Pas seulement aux filles

Alors que l’être humain a besoin d’une permission pour éprouver des émotions et les assumer, de nombreuses cultures et familles entourent cette expression de honte. Un message qui affecte surtout les garçons. « C’est très dommageable, parce que cela leur fait croire que la seule émotion qu’ils sont autorisés à ressentir et à montrer, c’est la colère », observe Jillian Roberts. « Nous devons encourager les parents de jeunes garçons à prêter une attention particulière aux émotions de leurs fils, et les intéressés à comprendre qu’ils ont le droit de ressentir toute la palette des émotions humaines et d’en parler. »

Doser la fréquence

Si montrer ses larmes de temps en temps est bénéfique, le faire trop souvent comporte le risque de créer un environnement malsain, prévient Tammy Lewis Wilborn. L’enfant pourrait penser que quelque chose de très grave est en train de se passer. Face à la tristesse de ses parents, l’enfant se sent impuissant ce qui pourra entraîner un sentiment de culpabilité car il n’a pas encore les moyens pour savoir comment réagir.

Selon Jillian Roberts, l’intensité des émotions est un autre facteur qui a son importance. « Des états émotionnels extrêmes, qui vous échappent, peuvent être effrayants pour eux. » Il est préférable alors de les éloigner, même s’il n’est pas toujours possible de les préserver, surtout si une tragédie frappe sans prévenir. « Faites tout votre possible », conseille-t-elle.

Mots-clés:
enfant émotions pleurs
CIM Internet