Paris Match Belgique

Inquiète pour ses jeunes, San Francisco met un frein aux e-cigarettes

cigarette électronique

Image d'illustration. | © Pixabay

Santé

La ville américaine a décider de prendre des mesures face à « la hausse impressionnante » du vapotage chez les jeunes.

Elle est la première ville des États-Unis à dire « stop » à la folie du vapotage. Ce mardi 25 juin, San Francisco a pris la décision – par un vote à l’unanimité de son conseil municipal – d’interdire la vente de cigarettes électroniques sur son territoire.

Si comme le souligne une nouvelle étude, elle permet à certains fumeurs de diminuer – voire arrêter – leur consommation de tabac, la e-cigarette continue de susciter l’inquiétude… tout en attirant de plus en plus de jeunes.

Moins de fumeurs, (beaucoup) plus de vapoteurs

Face à « la hausse impressionnante » du vapotage chez les jeunes, le conseil municipal de San Francisco a adopté une ordonnance interdisant la vente de cigarettes électroniques qui sont accusées d’avoir des « conséquences significatives sur la santé publique », rapporte l’AFP ce mercredi. Une décision en partie justifiée par les dernières statistiques officielles qui révèlent que le nombre de jeunes vapoteurs américains a augmenté d’un million et demi en 2018.

Lire aussi > Le lien entre vapotage et spasmes musculaires qui dérange

De 1,5%, la proportion de vapoteurs est passée à 20,8% chez les lycéens de 2011 à 2018, tandis que 5% des collégiens américains disaient vapoter l’an dernier. Même si le tabac « combustible » est quant à lui tombé de 22% à 14%, l’essor de la e-cigarette met toutefois à mal des années de lutte contre le tabagisme dans les établissements scolaires du pays.

san francisco e-cigarette
Le texte adopté par San Francisco s’inquiète explicitement de l’exposition à la nicotine durant l’adolescence. © Unsplash / Ian Schneider

1 000 dollars d’amende

Pour les autorités sanitaires, le leader du secteur pour le marché américain (Juul) est à blâmer. En travaillant aux côtés d’Altria, fabricant de Malboro, la start-up est accusée de laxisme auprès de ses jeunes consommateurs. “Nous avons déjà mis en œuvre les mesures les plus énergiques dans l’industrie pour empêcher nos produits de tomber dans les mains des mineurs et nous allons continuer”, s’est-elle pourtant défendue dans un communiqué transmis à l’AFP.

Lire aussi > Le tabac, c’est tabou, et la cigarette électronique, c’est pas fantastique

« Le texte adopté par les élus précise que pour être vendue à San Francisco – dans une boutique ou via internet – une cigarette électronique doit au préalable avoir reçu le feu vert de la FDA, l’agence sanitaire fédérale », écrit l’AFP. Or cette dernière n’en a approuvé aucune jusqu’à présent. Chaque infraction constatée serait notamment passible d’une amende de 1 000 dollars. “Ce moratoire ne serait pas nécessaire si le gouvernement fédéral avait fait son travail”, a estimé le procureur de San Francisco, Dennis Herrera, se félicitant de cette mesure. “Les cigarettes électroniques sont un produit qui, selon la loi, ne peut être commercialisé sans un examen de la FDA. Pour une raison quelconque, la FDA a refusé jusqu’à maintenant de respecter la loi”, a-t-il affirmé dans un communiqué.

vapotage
L’effet à long terme des cigarettes électroniques sur la santé est encore en cours d’étude. © Unsplash / Dani Ramos

Vapotage non, cannabis oui

S’ils pourront moins facilement s’en procurer sur le territoire d’ici 2020 (tout comme d’autres produits à base de tabac aromatisé), les San-franciscains pourront toujours vapoter dans la ville, l’ordonnance n’interdisant pas la possession ni l’usage de cigarettes électroniques. Aux États-Unis, la loi fédérale fixe à 18 ans l’âge minimum pour acheter des produits du tabac, mais en Californie et dans quinze autres États, il est de 21 ans, précise l’AFP. Âge minimum pour consommer de l’alcool ou acheter du cannabis, dont l’usage à titre récréatif est devenu légal dans l’État de Californie depuis le 1er janvier 2018.

Lire aussi > Le paquet de cigarettes neutre change-t-il vraiment quelque chose ?

Les cigarettes électroniques contiennent de la nicotine et d’autres produits, mais pas les substances des cigarettes traditionnelles reconnues comme cancérigènes. Leur effet à long terme sur la santé est encore en cours d’étude. Dévoilée au début du mois de mars, une étude indiquait cependant que le vapotage pouvait être lié à des maladies cardiaques. Pourtant, en février 2017, des chercheurs britanniques avaient mis en évidence la sécurité de la cigarette électronique comme alternative au tabac, en assurant ses effets positifs sur le long terme.

Alors que le milieu scientifique peine encore à trouver un consensus sur le bien fondé ou non de cette fumette alternative, le texte adopté par San Francisco s’inquiète explicitement de l’exposition à la nicotine durant l’adolescence qui “peut endommager un cerveau en développement” et “aussi augmenter le risque d’une future dépendance à d’autres drogues”, conclut l’AFP.

CIM Internet