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L’OMS prévient : Encore trop d’enfants non vaccinés, risque d’épidémies dangereuses

L'OMS est claire: un taux de vaccination de 95% est nécessaire pour protéger la population contre des épidémies de ces maladies. | © BELGA PHOTO JASPER JACOBS

Santé

Le continent européen est clairement aussi concerné. De nombreux pays d’Europe de l’Est se retrouvent dans la liste dressée par l’Unicef et l’OMS.

 

En 2018, plus de 20 millions d’enfants n’auraient pas reçu les vaccins nécessaires contre la rougeole, la diphtérie et le tétanos, selon de nouvelles données publiées par l’Unicef et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Les deux organisations mondiales mettent en garde contre une stagnation du nombre de personnes vaccinées, ce qui peut provoquer des épidémies dangereuses.

L’an dernier, près de 350 000 cas de rougeole ont été enregistrés, soit plus de double par rapport à 2017, selon le rapport. L’Unicef et l’OMS mettent en garde contre cette hausse alors que les trois maladies peuvent être évitées. Le top 10 des pays les plus touchés par la rougeole est uniquement composé de pays africains, comme la Somalie ou le Congo. Des pays d’Europe de l’est se retrouvent toutefois aussi dans cette liste comme la Serbie, l’Albanie, la Roumanie et surtout l’Ukraine.

Pour la première fois, on retrouve des données sur le vaccin contre le papillomavirus humain (HPV) qui protège notamment contre le cancer du col de l’utérus. Depuis 2018, 90 pays ont introduit ce vaccin dans leur programme national de vaccination. Au mois de mars dernier, on découvrait ainsi que, selon récente enquête, 53% des Belges interrogés pensaient à tort que le papillomavirus (HPV) est rare. Or, il touche 80% des femmes et des hommes sexuellement actifs une ou plusieurs fois au cours de leur vie. Ses conséquences sont également largement méconnues au sein de la population.

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Les enfants vivant dans des pays pauvres ou en conflit en seraient les principales victimes. © EPA

Viser les 95% pour éviter les épidémies

La couverture mondiale de quatre vaccins (diphtérie, tétanos, coqueluche et rougeole) a lentement atteint les 86% au cours des huit dernières années. Ce n’est pas suffisant selon l’OMS, qui insiste : un taux de vaccination de 95% est nécessaire pour protéger la population contre des épidémies de ces maladies. Les enfants vivant dans des pays pauvres ou en conflit en seraient les principales victimes, soulignent les organisations. Et si ces enfants tombent malades, l’accès aux traitements est très difficile.

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Toujours selon le rapport, il existe de grandes différences dans l’accès aux vaccins entre les différents pays, mais aussi au sein des pays en fonction des revenus des personnes. Ces différences ont mené à d’importantes épidémies de rougeole. Des pays où le taux de vaccination est important ont aussi été touchés par la rougeole en raison de ces différences. « La rougeole est un bon indicateur pour savoir dans quels domaines nous avons encore beaucoup de travail pour lutter contre les maladies évitables », explique Henrietta Fore, directrice exécutive à l’Unicef. « La rougeole est tellement contagieuse qu’elle donne des indications sur des communautés qui ne sont pas ou peu vaccinées. Nous devons tout faire pour vacciner tous les enfants », ajoute-t-elle.

Toujours concernant la rougeole, Kate O’Brien, directrice du département immunisation et vaccins à l’OMS, met aussi en cause la « prolifération des fausses informations » sur ce vaccin. Dans les pays occidentaux, les « anti-vax » s’appuient sur une ancienne publication vieille de plus de  20 ans liant le vaccin contre la rougeole et l’autisme. L’OMS a balayé à plusieurs reprises ces critiques et il a été établi que l’auteur de la publication, le Britannique Andrew Wakefield, avait falsifié ses résultats.

 

Avec Belga

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