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Tout ce que devraient savoir les gens qui parlent dans leur sommeil

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Autrefois considérée comme un trouble du sommeil, la somniloquie est désormais vue comme un "phénomène mystérieux" très peu étudié par les scientifiques. | © Unsplash / Danny G

Santé

Pour votre bien. Et celui de votre compagne ou compagnon d’oreiller.

 

Ça nous (sur)prend parfois en plein sommeil, soudainement réveillés par les lèvres agitées ou les gémissements de notre voisin de chambrée. D’après la dernière étude en date, 66% de la population mondiale parlerait dans son sommeil ; un trouble que les scientifiques appellent la somniloquie. Si chez les uns, elle se traduit par de simples marmonnements à peine compréhensibles, elle prend chez les autres des airs de véritables monologues, voire de conversations engagées avec leurs compagnons (éveillés) d’oreiller.

Autrefois considérée comme un trouble du sommeil, la somniloquie est désormais vue comme un « phénomène mystérieux » très peu étudié par les scientifiques, dans la mesure où elle ne présente (quasi) aucun danger pour les dormeurs concernés. Mais si la plupart ne s’inquiète pas du phénomène, d’autres y voient le symptôme d’un problème de santé plus global, rappelle le Huffpost. Car si nous ne connaissons toujours pas l’origine ni l’intérêt de nos bavardages nocturnes, voici ce que l’on devrait tout de même savoir.

Du grand n’importe quoi

Contrairement à ce que l’on aurait bien voulu croire, la somniloquie n’a ni fonction divinatoire ni cathartique. D’après la Classification internationale des troubles du sommeil, tout ce que l’on baragouine dans notre sommeil n’a (scientifiquement) aucun sens, avance le site américain. De quoi rassurer ceux qui ont déjà annoncé des nouvelles inquiétantes ou évoqué des situations troublantes. Comme la fois où votre un ami s’est exclamé, les yeux fermés : « Attention, la chaudière de la salle de bain va exploser ». Non, les mots qui sortent de nos bouches endormies sont le plus souvent du grand n’importe quoi – et c’est tant mieux.

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Ce qui peut en revanche signifier quelque chose, c’est l’âge auquel on commence à somniloquer. Comme l’explique le spécialiste du sommeil Rafael Pelayo au Huffpost, le phénomène est particulièrement courant chez les enfants et les adolescents. Dès lors, si l’on marmonne en dormant depuis son plus jeune âge, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Même constat si l’on s’en rend compte tardivement, passés les 25 ou 30 ans. Mais à partir de 50 ans, la vigilance est de mise. Chez les personnes âgées, la somniloquie peut être le signe de démence ou d’une maladie comme Parkinson, avertit l’expert. Dans pareil cas, le fait de parler pendant le sommeil démontre que quelque chose ne va pas dans le câblage du cerveau. « Si vous parlez en dormant depuis des années, je ne m’en inquiéterais pas », estime le docteur Pelayo. « Cependant, si c’est un phénomène nouveau, je l’observerais attentivement. »

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La somniloquie s’accompagne souvent d’autres troubles du sommeil, appelés parasomnies. © Unsplash / Kristina Flour

Troubles sous-jacents

Décrite comme une « manifestation automatique » et inconsciente, la somniloquie s’accompagne souvent d’autres troubles du sommeil, appelés parasomnies. Ainsi, si vous papotez régulièrement pendant la nuit, il est possible que vous souffriez de catathrénie, grognements ou vocalisations nocturnes souvent causées par l’apnée du sommeil. Parler, pleurer ou crier en dormant peut également être la conséquence d’un stress post-traumatique, ajoute-t-on. « L’anxiété, le stress et la dépression peuvent tout à fait provoquer ce genre de symptômes », estime James Rowley, spécialisé en médecine du sommeil au centre médical de Détroit. « Si parler dans son sommeil peut être associé à des rêves chahutés, des cauchemars récurrents, des apnées, il peut être bon de discuter de la récurrence avec son médecin », recommande-t-il. Ne serait-ce que pour savoir, après avoir réalisé certains tests, si l’on souffre de troubles du sommeil sous-jacents… et potentiellement plus graves.

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