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Des scientifiques conçoivent une portée de souris à 90 % masculine, ce qui pourrait permettre de choisir le sexe lors d’une FIV

souris

Image d'illustration. | © Friso Gentsch / DPA

Santé

Bien que l’on ne sache pas si le procédé fonctionne également sur les humains, cela soulève des questions de bioéthique.

 

Des scientifiques ont réussi à mettre au point un nouveau traitement chimique qui permet de trier les spermatozoïdes masculins et féminins. Cette avancée révolutionnaire donnerait ainsi la possibilité aux parents passant par une fécondation in vitro (FIV) de choisir le sexe de leur futur enfant, informe The Independent.

Ces scientifiques de l’Université d’Hiroshima ont découvert que les spermatozoïdes avec le chromosome X (donnant des femelles) ralentissaient lorsqu’un certain produit chimique était ajouté, alors que les spermatozoïdes avec le chromosome Y (donnant des mâles) accéléraient. En utilisant cette technique, les scientifiques ont réussi à produire des portées de souris à 90 % masculine. À l’inverse, en se servant des spermatozoïdes les plus lents, ils ont pu créer des portées composées à 81 % de femelles.

Le chromosome X possède plus de gènes que le chromosome Y qui est plus petit, ce qui permet aux scientifiques de différencier les deux. L’équipe de chercheurs dirigée par Masayuki Shimada pense que cette technique pourrait être applicable à d’autres mammifères. Ce processus « qui pourrait être simple et peu coûteux » (selon le magazine anglais) pourrait simplifier l’insémination artificielle utilisée dans le bétail, explique les scientifiques. L’expérience a déjà été effectuée sur des bovins et des porcs, sans que des recherches aient été publiées.

Vers une sélection du sexe chez les humains ?

En Belgique, même s’il est « interdit d’accomplir des recherches ou des traitements axés sur la sélection du sexe » (article 5 de la loi relative à la recherche sur les embryons in vitro), aucune loi ne semble interdire formellement la sélection du sexe du bébé dans le cadre d’une FIV, comme c’est le cas au Royaume-Uni ou en France par exemple. Le Comité consultatif de Bioéthique a cependant émis un avis en 2003 concernant le choix du sexe d’un embryon pour des raisons non médicales.

Bien qu’il soit légitime de faire un rapprochement entre cette étude et la possibilité d’effectuer la même chose sur l’Homme, le docteur Shimada se défend : « L’utilisation de cette méthode dans les techniques de reproduction humaine est actuellement spéculative et implique d’importantes questions éthiques qui ne sont pas affectées par l’utilité de cette nouvelle technique ».

Le professeur Robin Lovell-Badge, de l’Institut Francis Crick à Londres, a déclaré au journal The Independent qu’il y avait encore un « long chemin à parcourir » avant de découvrir si ce produit chimique avait le même effet sur le sperme humain. « Et bien que les souris nées après le triage du sperme semblent normales, il est essentiel de vérifier qu’il n’y a pas d’effets à long terme de l’activation de ces récepteurs avant la fécondation », assure-t-il.

CIM Internet