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Ce que fait réellement le grignotage nocturne sur le corps (et la santé)

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Grignoter le soir, un plaisir défendu ? | © DR

Santé

Vous adorez les gourmandises avant d’aller au lit et souffrez de terribles insomnies ? Ce n’est peut-être pas le simple fruit (ou biscuit) du hasard.

C’est la petite touche sucrée (ou salée) dont on a du mal à se passer, une fois le souper avalé. Cette petite fringale qui nous titille les entrailles avant de rejoindre les bras de Morphée. Tentation gourmande et parfois indispensable, le grignotage nocturne constitue un véritable rituel auquel on aimerait savoir résister.

Car si l’on en croit les rumeurs, croquer dans une plaque de chocolat ou plonger dans un paquet de crackers en fin de soirée serait mauvais pour le corps et la santé. Mais après tout, faut-il vraiment (et totalement) s’en priver ?

Digestion et prolongations

Rassurons-nous, la nature est bien faite. Mais bien qu’en étant capable de faire deux choses à la fois, à savoir dormir et digérer, le corps a parfois du mal avec l’idée d’aller au lit juste après avoir mangé. En cause : notre système digestif. « Lorsque vous vous allongez horizontalement avec l’estomac rempli, vous perdez l’effet de la gravité qui permet de maintenir les aliments vers le bas », explique à Glamour UK le gastroentérologue Scott Gabbard. Résultat, la position allongée peut perturber le processus de digestion et provoquer ce que l’on appelle des reflux gastro-œsophagiens.

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Cette remontée des sucs gastriques peut dès lors engendrer des symptômes chroniques telles que des brûlures d’estomac, des ballonnements, des gaz ou des nausées. Autant de troubles digestifs qui peuvent également se manifester lorsque l’on mange trop vite, trop gras, trop épicé ou même trop alcoolisé. C’est pourquoi les spécialistes conseillent – une fois le ventre repu – d’attendre deux ou trois heures avant d’aller se coucher, et de préférer une collation légère, faible en gras, en sucre et en fibres afin d’éviter les prolongations en termes de digestion.

Sommeil chahuté

Vous adorez les gourmandises avant d’aller au lit et souffrez de terribles insomnies ? Ce n’est peut-être pas le simple fruit (ou biscuit) du hasard. En plus de provoquer des brûlures d’estomac et autres gènes à l’abdomen, les reflux gastriques vont logiquement rendre l’endormissement plus difficile. Une indigestion (même petite) va ainsi perturber le sommeil, vous empêchant de vous reposer totalement et profondément. Bonjour le réveil dans le brouillard et la sensation d’être encore plus fatigué que la veille.

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Mais puisqu’il existe des dizaines d’autres facteurs pouvant être la cause d’un mauvais sommeil (caféine, drogues, exercice sportif, stress, apnée du sommeil…), les spécialistes conseillent de tenir un journal de bord afin d’observer l’effet du grignotage sur notre corps. Car comme pour boire une tisane, prendre un bain ou lire un livre, manger avant le coucher peut permettre à certains de se détendre et de s’endormir sereinement. « Se coucher avec un ventre qui gargouille peut tout autant vous empêcher de bien dormir », rappelle au magazine britannique Rajkumar Dasgupta, expert en médecine du sommeil, qui considère le grignotage nocturne comme un plaisir à ne pas s’interdire, à condition de bien le supporter.

grignotage nocturne
© Unsplash / Jasmine Waheed

Timing et prise de poids

Beaucoup ont tendance à associer le grignotage nocturne avec la prise (inévitable) de poids. Tout comme partir du principe qu’il faudrait « manger léger » le soir afin d’éviter de « stocker ». Pour Kelly C. Allison, docteur en philosophie et directrice du Centre du poids et des troubles alimentaires de l’Université de Pennsylvanie interrogée par Glamour UK, la théorie mérite pourtant d’être approfondie. Car si plusieurs études suggèrent que l’heure à laquelle on mange a une incidence sur notre poids et notre métabolisme, les hypothèses sont multiples mais pas toujours confirmées.

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« Notre corps est configuré pour manger et bouger pendant la journée, ainsi que jeûner et dormir pendant la nuit », explique-t-elle. « Mais encore une fois, ce n’est qu’une théorie », ajoute celle qui estime que « c’est davantage la qualité et la quantité de nourriture qui compte, peu importe l’heure à laquelle on l’ingère ». Le soir, il est donc naturellement conseillé d’éviter les orgies de chocolat ou les seaux de chips. Dès lors, même si notre poids venait à varier en fonction de vos collations nocturnes, cela n’en fait pas notre seul indicateur de santé, poursuit l’experte. Tant que l’on dort (et digère) comme un bébé, pourquoi se priver ?

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