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Entre malbouffe et dépression chez les ados, il n’y a qu’un pas

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Oubliez les crasses et les produits transformés. | © Annie Spratt/Unsplash

Santé

De tous les maux dont peuvent souffrir les ados, la dépression est la pire et de plus en plus présente ces dernières années.

 

Des portes qui claquent, des boutons qui naissent, la voix qui mue et le corps qui change, l’adolescence n’épargne décidément pas les jeunes. Mais depuis quelques années, c’est un symptôme encore pire de cette étape de notre vie qui a tendance à se développer. Une récente étude a mis en lumière les symptômes dépressifs chez des jeunes âgés en moyenne de 13 ans et en a tiré la conclusion que leur état de santé mentale était étroitement lié à leur alimentation. Principaux ennemis à blâmer ? La malbouffe et le manque de légumes.

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Trop de plats préparés

Des recherches ont été menées par l’université d’Alabama de Birmingham (UAB) auprès de 84 adolescents américains, filles et garçons confondus. Les chercheurs ont analysé leurs urines et les symptômes de dépression qui les affectaient au début de l’étude comparés aux résultats obtenus un an et demi plus tard. La forte de présence de sodium et le taux trop faible de potassium étaient sans appel pour les scientifiques. D’un côté, « le haut niveau de sodium fait penser aux aliments ultra-transformés », explique l’autrice principale, Sylvie Mrug, directrice du département de psychologie de l’UAB, rapporte CNN. « Cela comprend les fast food, les plats surgelés et les snacks malsains ». D’un autre côté, la faible présence de potassium laisse penser que les adolescents ont adopté un régime trop pauvre en fruits et légumes.

Un an et demi plus tard, lorsque les mêmes analyses ont été menées et que les experts se sont penchés sur leurs symptômes dépressifs, ils en ont conclu que les taux trop importants de sodium et trop faibles de potassium étaient corrélés à un état de dépression. « Si les adolescents intègrent davantage d’aliments riches en potassium dans leur régime alimentaire, ils auront probablement plus d’énergie et se sentiront globalement mieux, ce qui peut améliorer le sentiment de bien-être et améliorer la santé mentale », explique Lisa Drayer, spécialiste en nutrition de la CNN. Mais s’il y a bien un rapport entre sodium et symptômes dépressifs, le lien de cause à effet n’est pas encore tout à fait clair. D’autant plus que l’étude n’a porté que sur 84 adolescents et nécessiterait d’autres recherches plus poussées.

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Sans pour autant abandonner la viande, il faut faire davantage de place aux fruits et aux légumes. ©Louis Hansel/Unsplash

De plus en plus d’ados touchés par la dépression

En tout cas, les chiffres aux États-Unis font froid dans le dos. Des analyses ont mis en lumière l’augmentation impressionnante du taux d’épisodes dépressifs chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans. Un bond de 52% entre 2005 et 2017. Ce taux monte même à 63% d’augmentation chez les jeunes de 18 à 25 ans entre 2009 et 2017. Mais les envies de suicides ne sont bien évidemment pas à mettre uniquement sur le compte d’une mauvaise alimentation. De nombreux facteurs peuvent influencer le bien-être des jeunes comme le manque de sommeil, les réseaux sociaux ou même la crainte du changement climatique, d’après CNN.

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En Europe aussi les chiffres interpellent. Une étude de plus grande envergure menée sur 9 000 personnes en Espagne avait déjà mis en évidence un risque de dépression plus élevé (48%) chez les personnes qui consommaient des produits transformés. D’après une analyse internationale, pour réduire les risques de dépression, il faudrait plutôt miser sur un régime méditerranéen à base de fruits frais, de noix, de graines, sans produits transformés et avec peu de viande rouge.

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