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L’OMS tire la sonnette d’alarme : 5 milliards de personnes risquent d’être privés de soins de santé d’ici 10 ans

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Image d'illustration. | © Unsplash / Sara Bakhshi

Santé

Alors que les chefs d’État se retrouvent aujourd’hui au siège des Nations unies, l’OMS souhaite attirer l’attention sur les soins de santé. En injectant 200 milliards de dollars par an dans la santé, 60 millions de vies pourraient être sauvées.

 

Ce lundi, les dirigeants du monde entier se réunissent à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies sur la couverture sanitaire universelle. En amont, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a sorti un nouveau rapport alarmant. Elle recommande aux pays de consacrer au minimum 1 % supplémentaire de leur PIB dans les soins de santé primaires. Sans cet effort, les objectifs fixés en 2015 en matière de santé ne seront pas atteints au niveau mondial. Les conséquences seraient désastreuses : jusqu’à cinq milliards de personnes n’auront pas accès aux soins de santé en 2030, soit plus de la moitié de la population mondiale.

L’OMS préconise de renforcer la couverture sanitaire universelle (CSU) afin d’améliorer la situation. « Il faut proposer des services de santé essentiels, comme la vaccination, les soins prénatals et les conseils pour un mode de vie sain le plus près possible de là où habitent les gens – et veiller à ce que les usagers n’aient pas à payer eux-mêmes les soins », conseille le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, dans un communiqué.

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Séance de vaccination en Inde, le 4 septembre 2018. © Biju BORO / AFP

Au niveau mondial, si 200 milliards de dollars par an sont injectés dans la santé – à destination des pays à revenu faible ou intermédiaire – cela permettrait de sauver 60 millions de vies. Cet investissement prolongerait également l’espérance de vie moyenne de 3,7 ans et contribuerait au développement socio-économique. Chaque année, 7 500 milliards de dollars sont consacrés à la santé dans le monde pour l’instant.

Aider les pays plus pauvres

L’OMS estime que la plupart des pays ont les moyens suffisants pour étendre leur offre de soins de santé primaires. Ce n’est cependant pas le cas pour les pays les plus pauvres – dont de nombreux pays en conflit. Ces nations ont besoin d’une aide extérieure, qui doit « être soigneusement ciblée pour permettre une amélioration durable des systèmes et des services de santé », commente l’OMS. « Trop de femmes et d’enfants meurent encore de causes qu’il est possible d’éviter ou de traiter tout simplement parce qu’ils n’obtiennent pas les soins vitaux dont ils ont besoin », a déploré Henrietta Fore, la directrice exécutive de l’UNICEF. « En collaborant avec les communautés pour dispenser des soins de santé primaires aux plus pauvres et aux plus vulnérables, nous pouvons parvenir au but et sauver des millions de vies. »

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L’OMS note plusieurs obstacles à la CSU, comme le manque d’infrastructures sanitaires, les pénuries de personnels de santé, la fragilité des systèmes d’approvisionnement, ou encore la mauvaise qualité des soins.

Un autre point mis en évidence concerne le coût des soins, qui est parfois trop élevé pour la population. « Il sera impossible d’atteindre le but de la couverture sanitaire universelle si les pays ne prennent pas des mesures d’urgence pour éviter que les gens ne sombrent dans la pauvreté parce qu’ils doivent payer des soins de santé essentiels », a déclaré le Dr Muhammad Pate, Directeur chargé de la santé, de la nutrition et de la population à la Banque mondiale. « Élargir l’accès à des soins de santé primaires de qualité permettra de sauver davantage de vies tout en proposant des soins qui restent abordables. »

On compte presque un milliard (925 millions) de personnes qui dépensent plus de 10 % du revenu de leur ménage pour payer des soins de santé. « Il est choquant de constater qu’une proportion croissante de la population a du mal à joindre les deux bouts parce que la santé coûte trop cher, même dans les économies avancées », déplore Angel Gurria, Secrétaire général de l’OCDE.

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