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L’étude qui rappelle les dangers des substituts à la viande

Une étude qui s'est intéressée de près à la gamme de la marque Beyond Meat | © DR

Santé

Les substituts à la viande sont de plus en plus nombreux dans les rayons de nos supermarchés. Mais attention bon nombre d’entre eux ne sont pas bons pour la santé in fine.

 

Faux steak, faux poulet, faux bacon… Les alternatives vegans pullulent dans nos magasins avec la promesse d’être bien plus sain que le traditionnel morceau de viande. Mais attention au marketing et à ses promesses. Derrière ces produits, se cachent souvent de grandes quantités de sel et de gras et pas beaucoup de nutriments.

C’est en tout cas ce que révèle une étude du George Institute for Global Health, organisme de santé indépendant australien, qui a passé au crible différents substituts de viande. C’est le cas du faux bacon. Et le constat est qu’il est loin d’être sain : pour 100 grammes de produit étudié, on compte 2 grammes de sel ajoutés, soit un tiers du besoin journalier.

Encore plus mauvaises élèves, les tartes vegan qui contiennent à elles seules la moitié des besoins journaliers en sel, « on sait que dès que quelque chose se dit ‘végétal’ ou faible en quelque chose, on a tendance à croire que c’est plus sain, parce que c’est à base de légumes mais les substituts de la viande restent des aliments transformés » explique la nutritionniste Clare Farrand qui a mené l’étude.

Même conclusion en France, après une étude sur le nouveau géant américain de la viande de substitutions, Beyond Meat. Pour un steak de la marque de 113 grammes, ce sont 20 grammes de matière grasse et, encore une fois, une trop grande quantité de sel.

Les substituts de saucisses commercialisés par la marque… ©

Des produits transformés et pauvres en nutriments

Cependant, le problème des substituts aux produits animaliers ne se concentre pas que sur les forts taux de sel et de matière grasse. Autre problème pointé du doigt par les nutritionnistes, le manque de nutriments utiles dans certains produits. Pour reprendre l’étude menée sur Beyond Meat, qui a passé les étiquettes au radar, on note que le premier ingrédient de la « saucisse » proposée par la marque, est de l’eau, suivi par le sel. Une technique souvent utilisée par les industriels pour augmenter le poids du produit.

Autre problème, un taux en fer assez bas, mais surtout aucune trace de vitamine C qui aide à l’absorption de ce dernier. Et pour les produits vegans, c’est souvent là que réside le problème, un manque de nutriment, et l’ajout de sucre ou de sel pour rendre le goût plus agréable. Prenez l’exemple du lait végétal… Souvent, il suffit de lire l’étiquette pour s’apercevoir que ce n’est que de l’eau sucrée coupée avec un ou plusieurs épaississants.

Autre produit dans le collimateur des nutritionnistes, le steak de soja, vraie bombe calorique ultra transformée : on retrouve à peu près 20 ingrédients différents dans la composition, mais aucune trace de fer. « Nous devons vraiment regarder les informations au dos de l’emballage pour vraiment comprendre ce qu’il y a dans ces aliments transformés » prévient Clare Farrand.

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Des risques de carences

Les vegans et végétariens le savent, lorsqu’on enlève les produits d’origine animale de son alimentation des carences peuvent apparaître. Notamment en vitamine B12 qui permet le bon fonctionnement du système nerveux et du cerveau. Une étude datant de septembre et publiée dans le prestigieux British Medical Journal relate d’ailleurs que les personnes suivant un régime végétalien ou végétarien présentaient un risque 20 % plus élevé d’être victime d’accident vasculaire cérébral que la population carnivore. D’après les chercheurs, ce manque de vitamine B12 pourrait expliquer que cette population soit plus à risque. Une carence qui peut aussi causer d’autres effets négatifs : fatigue,tremblements, dépression.

Comme tous les plats préparés proposés dans les magasins, les plats vegans sont à consommer avec modération et surtout dans le cadre d’une alimentation équilibrée, « quand on a une alimentation végétale, elle est pleine de produits non-transformés, comme des fruits, des légumes, des graines, des noix, des féculents, donc elle est forcément plus saine »  conclut Clare Farrand.

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