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Adrien Joveneau : L’amour pour le sauver

Joveneau

Adrien Joveneau et son épouse Catherine. | © Nadia Salmi

Santé

L’emblématique moteur humain du « Beau vélo de Ravel » et des « Belges au bout du monde » fait face au défi le plus important de sa vie. Par Nadia Salmi.

 

Il est de ceux qui croient aux vertus de l’optimisme. Alors, face à la maladie, il brandit son sourire comme une arme, bien décidé à sortir vainqueur du combat qu’il mène aujourd’hui. À 59 ans, touché par le cancer, Adrien Joveneau livre une confession bouleversante dans Paris Match. L’interview a été réalisée sur le tournage de « L’échappée belge » que la RTBF diffuse le 27 octobre.

« On a le droit de craquer, on n’est pas des superhéros, juste des êtres humains », explique l’animateur-producteur, découvrant un nouveau monde, avec comme seule boussole l’amour de sa famille. « Au début de l’été, j’ai passé une visite médicale de routine à la RTBF. Je me sentais bien mais le médecin m’a annoncé que j’avais une tension de 18-12, ce qui était extrême et bizarre pour quelqu’un de sportif. Il m’a donc demandé de revenir le lendemain pour un nouvel examen. Là, c’était le même résultat, ce qui l’a amené à me donner un autre rendez-vous. Trois jours de suite, c’était le même diagnostic, la même tension élevée. Il m’a alors conseillé d’aller voir un cardiologue qui m’a fait tous les tests à l’effort et qui a vu une sale tache en dessous, mais elle sortait de son niveau de compétences. De fil en aiguille, de spécialiste en spécialiste, on m’a diagnostiqué une tumeur et on m’a dit qu’il fallait traiter tout de suite. (…) J’ai toujours été accompagné. C’est peut-être ça aussi qui m’a porté… Car cela a été progressif. D’abord, on vous dit : « Vous avez quelque chose, mais ce n’est peut-être pas grave ». Après, on vous annonce, croquis à l’appui, que c’est sérieux mais qu’après avoir enlevé la tumeur, il n’y aura plus rien. Puis, on vous retire un rein… Donc, on a beau être blindé, à un moment, une fêlure apparaît. Et là, on est content d’être entouré. Je plains sincèrement les personnes qui traversent ça sans avoir cette garde rapprochée d’amour et de bienveillance. »

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Et Adrien Joveneau d’expliquer encore : « Il y a des moments de douleur où on déguste, mais j’ai beaucoup lu, notamment un livre sur la philosophie aborigène. Il y est question d’alchimie. C’est l’idée que des choses négatives peuvent être transformées en positif. (…) Le cancer n’est pas synonyme de mort. C’est une épreuve à passer. Je ne me suis jamais vu partir. J’ai un moral d’acier dans un corps momentanément en papier mâché (…) Tout peut basculer du jour au lendemain pour n’importe qui. La maladie, l’accident, ça arrive à n’importe quel moment. D’où mon envie de dire aux gens : « Profitez, prenez soin de vous et de ceux que vous aimez. C’est tellement éphémère, notre passage ici »… » Un entretien plein de courage et de panache, à son image.

Voyez ce jeudi dans Paris Match le reportage et l’interview complète d’Adrien Joveneau.

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