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Interdit dans l’UE, le snus est soi-disant moins nocif que la cigarette

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Le snus, tabac à sucer, pourra clamer être moins nocif que la cigarette aux États-Unis. | © SVEN NACKSTRAND / AFP

Santé

Interdit dans l’Union européenne, sauf en Suède, le snus gagne du terrain. Aux États-Unis, ce tabac à sucer peut clamer être moins nocif que la cigarette. 

Les autorités américaines ont annoncé mardi avoir autorisé un fabricant suédois à promouvoir le snus comme une alternative moins nocive à la cigarette, une première pour ce tabac à sucer qui reste interdit de production et de commercialisation dans l’Union européenne depuis 1992, sauf en Suède. Ce sachet de tabac humide ressemblant à un sachet de thé est autorisé à la vente depuis 2015 aux États-Unis, mais le fabricant, Swedish Match, n’avait jusqu’à présent pas le droit d’affirmer que ses produits, vendus sous la marque « General », étaient moins risqués que de fumer.

Les consommateurs de snus placent le mini-sachet poreux pendant quelques minutes ou plus dans la bouche, au contact de la gencive, afin que la nicotine soit absorbée par cette dernière et atteigne la circulation sanguine. En Belgique, l’entraîneur du Standard de Liège Michel Preud’homme est un adepte de ce tabac à sucer, qu’il a découvert au Standard grâce à son équipier suédois Edström, selon RTL.

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Profitant d’une exception, la Suède est le plus gros consommateur de snus, mais aussi le pays européen dont les habitants consomment le moins de cigarettes. Difficile de ne pas dresser un lien entre ces deux classements. Depuis la prolifération des lois antitabac dans les lieux publics, le tabac à sucer devient de plus en plus populaire, notamment aux États-Unis où les ventes risquent d’exploser après la récente décision des autorités.

Une première

Après avoir examiné le dossier et les études fournies par le fabricant, la Food and Drug Administration (FDA), agence fédérale qui a autorité pour réguler le marché du tabac, a conclu que le snus posait un risque moindre de cancer de la bouche ou du poumon, de maladie cardiovasculaire et d’autres maladies associées à la cigarette. En outre, rien n’indique, selon les études, que les jeunes ou les non-fumeurs se soient initiés au snus. C’est la première fois que la FDA donne son autorisation à ce qu’un produit au tabac clame une réduction des risques, en vertu d’une loi de 2009.

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© OLIVIER MORIN / AFP

C’est le même processus auquel devraient participer les fabricants de cigarettes électroniques, sous le feu des régulateurs en raison de la popularité croissante du vapotage chez les jeunes Américains, et à cause d’une épidémie de maladies pulmonaires liées au vapotage qui a coûté la vie à au moins 33 personnes. La FDA a annoncé son intention d’interdire les vapoteuses aromatisées, à moins que les fabricants ne prouvent qu’elles sont moins risquées que la cigarette, non seulement au niveau individuel mais au niveau de la société, c’est-à-dire qu’elles n’attirent pas de jeunes et de gens qui ne fument pas au départ.

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Pas sans risque

Selon le journal suisse Le Temps, une boîte de vingt sachets par jour équivaut à la quantité de nicotine de soixante cigarettes. La substance présente en masse dans le produit aurait des propriétés relaxantes et énergisantes pour le consommateur mais rend également le produit très addictif. L’arrêt de snus semble donc tout aussi difficile que celui de la cigarette.

Alors que la Suisse va légaliser la vente de snus en 2020, plusieurs médecins inquiets ont pointé du doigt les effets secondaires du produit. En plus des lésions bucco-dentaires qui peuvent être sévères, le snus augmenterait le risque de développer un cancer du pancréas. Mais aucun consensus scientifique n’existe sur la question. Tous s’accordent néanmoins sur le fait que sa nocivité est faible comparée à celle de la cigarette. Pour le tabacologue et docteur belge Pierre Nys, le snus « présente [aussi] nettement moins de risques cardio-vasculaires et pulmonaire ».

Bien que le produit soit présenté comme une alternative moins nocive à la cigarette, il présente tout de même des risques pour la santé. Comme tous les produits au tabac. Ce que confirme le directeur par intérim de la FDA, Ned Sharpless : « Bien que nous autorisions ces produits spécifiques au tabac pour des risques modifiés, il est important que le grand public comprenne que tous les produits au tabac, y compris ceux-ci, présentent des risques. Quiconque n’utilise pas actuellement de produit au tabac, surtout les jeunes, doivent continuer à les éviter. » 

Avec Belga

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