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Comment la pilule contraceptive modifierait le cerveau des femmes

Les conséquences de la pilule contraceptive sur l'hypothalamus

Les rôles de l'hypothalamus sont vitaux pour de nombreuses fonctions du corps. | © Reproductive Health Suppl./Unsplash

Santé

C’est une étude scientifique qui le dit. 

 

La pilule contraceptive a décidément bien des effets sur le corps des femmes. On lui attribue une perte de libido, une prise de poids, des maux de tête et des troubles de l’humeur. Il n’est donc pas étonnant qu’elle ait de moins en moins la cote et que de nombreuses femmes se tournent vers des méthodes plus naturelles. En même temps, ce moyen de contraception permet aussi de diminuer les douleurs dues aux règles, de réguler son cycle et parfois de limiter l’acné. Mais les risques accrus de thrombose sont bien réels, notamment en ce qui concerne les pilules de troisième ou quatrième génération, même si l’étude qui remet en cause ces dites pilules assure que les contraceptifs oraux restent relativement sûrs. Quoi qu’il en soit, des chercheurs ont récemment découvert une nouvelle conséquence de la prise de pilule contraceptive sur le corps des femmes : la réduction du volume de l’hypothalamus.

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Le rôle essentiel de l’hypothalamus

L’hypothalamus, on n’en parle pas souvent, mais cette petite partie de cerveau joue pourtant un rôle essentiel pour de nombreuses fonctions du corps. Il intervient dans la production d’hormones et dans la régulation de fonctions vitales comme la faim, la soif, la température corporelle, les émotions ou encore le sommeil. Or, une étude présentée à la Radiological Society of North America (RSNA) indique que les femmes qui prennent un contraceptif contenant des oestrogènes et un progestatif présentent un hypothalamus plus petit que celles qui ne prennent pas cette contraception.

Les études se penchant sur l’influence de la contraception féminine sur cette petite partie du cerveau sont rares. Pour la mener à bien, le Docteur Lipton, professeur de radiologie à l’Albert Einstein College of Medicine et directeur médical des services d’IRM au Montefiore Medical Center de New York, et ses collègues ont analysé un groupe de 50 femmes dont 21 prenaient des contraceptifs oraux. Toutes ont passé une IRM et leur volume hypothalamique a été mesuré. « Nous avons constaté une différence spectaculaire dans la taille de l’hypothalamus de celles qui prenaient des contraceptifs oraux et qui n’étaient pas enceintes », a déclaré le Dr Lipton dans un article sur le site de la RSNA. 

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« Cette première étude (préliminaire, NdlR) montre une forte association et devrait motiver une enquête plus approfondie sur les effets des contraceptifs oraux sur la structure du cerveau et leur impact potentiel sur la fonction cérébrale », a-t-il soutenu. Car ce n’est pas tout. Le docteur a également remarqué une corrélation entre un volume réduit de l’hypothalamus et des symptômes dépressifs plus importants. Heureusement, aucun impact n’a été mesuré sur les capacités intellectuelles. Cependant, cela pourrait expliquer en partie les nombreux effets secondaires ressentis par les femmes, notamment sur leur humeur. Mais comme le docteur le dit si bien, des études plus poussées devraient être menées sur le sujet avant de tirer des conclusions trop générales.

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