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Réforme de la loi sur l’avortement : « Laissons le choix aux femmes ! »

manifestation pour la dépénalisation de l'avortement à Bruxelles

"My body, my choice". | © EMMANUEL DUNAND / AFP

Santé

Lancée par des médecins flamands et francophones, une pétition en faveur du délai de 18 semaines pour avorter a déjà récolté plus de 1500 signatures de professionnels de la santé.

En réponse à la tribune publiée le 26 novembre sur la Libre pour s’opposer à la proposition de loi sur l’avortement, des médecins, sages-femmes, infirmiers, psychologues et autres professionnels de la santé ont publié une pétition en faveur du délai de 18 semaines. « Tous les jours, nous accompagnons des femmes. Aujourd’hui, nous prenons la parole pour défendre leurs droits. Nous demandons l’accès pour toutes, sans distinction, au droit à l’avortement jusqu’à 18 semaines de gestation », écrivent-ils dans ce texte intitulé « IVG : respectons le choix des femmes et leur droit à la santé ! » Ce lundi matin, plus de 1 500 professionnels de la santé l’avaient déjà signé.

Co-signée par des députées socialistes, libéraux, écologistes, DéFI et PTB, la proposition de loi qui fait débat dépénalise complètement l’avortement aussi bien pour les femmes que pour les médecins, allonge de 12 à 18 semaines le délai légal pour pratiquer un avortement et réduit de 6 à 2 jours le délai de réflexion. Fin novembre, la Commission de la Justice de la Chambre a approuvé les articles de ce texte. Mais le CD&V, parti opposé à ce dernier, tout comme la N-VA et le Vlaams Belang, a demandé une deuxième lecture, retardant son adoption de plusieurs semaines.

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« Nous soutenons l’extension du droit à l’IVG jusqu’à 18 semaines, parce que nous sommes à l’écoute de chacune qui se trouve, à un moment donné de sa vie, dans une situation qui lui est propre », écrivent les professionnels de la santé, francophones et flamands, soutenus par la Fédération laïque de centres de planning familial.

« Ne banalisons pas l’avortement. Normalisons-le »

Selon l’association de fusion des centres IVG néerlandophones LUNA, seules 3% des femmes qui se présentent dans un centre d’IVG en Flandre ont atteint 12 semaines et ne peuvent bénéficier de ce droit à l’avortement en Belgique. Elles doivent alors partir à l’étranger, souvent au Pays-Bas, dépensant une fortune et rendant le suivi médical post-IVG plus compliqué. « Pour nous, c’est une inégalité de droit à la santé », lancent les signataires dans leur pétition. « Plutôt que de restreindre le droit des autres, il est de notre devoir de professionnel.les de la santé et du social de plaider pour que l’État garantisse ce droit à la santé, à la santé sexuelle et reproductive – et donc à l’IVG – au plus grand nombre. » Ces médecins rappellent ensuite que, si la réforme est approuvée, « il appartiendra après à chacun.e de nous de faire valoir sa clause de conscience individuelle. Personne ne sera forcé de participer à un avortement. La loi actuelle le garantit et personne ne la remet en question ».

Le but de cette pétition est simplement de rappeler leur travail est d’accompagner au mieux ces femmes dans ce choix. « Sans jugement. Sans chercher à justifier. Sans y trouver de bonnes ou de mauvaises raisons, quel que soit le choix posé en définitive. » Son but est simplement de laisser le choix aux femmes. « Ne banalisons pas l’avortement. Normalisons-le. Ni plus, ni moins. »

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