Paris Match Belgique

Le cancer du col de l’utérus trop peu dépisté

Cancer du col de l'uterus

La proportion des femmes entre 25 et 64 ans qui ont effectué un frottis du col de l'utérus au cours de ces trois dernières années est passée de 65% à Bruxelles en 2008, à 46% en 2017. | © Alexander Krivitskiy/Unsplash

Santé

En Belgique, 640 femmes ont appris en 2018 qu’elles étaient atteintes d’un cancer du col utérin et 235 femmes sont décédées de la maladie.

 

Le nombre de dépistages du cancer du col de l’utérus a diminué d’au moins 25% entre 2008 et 2017, ressort-il d’un rapport de l’Agence intermutualiste (AIM) publié samedi. « La gratuité du frottis pour les femmes ne semble pas avoir d’effet », déplore celle-ci. La proportion des femmes entre 25 et 64 ans qui ont effectué un frottis du col de l’utérus au cours de ces trois dernières années est passée respectivement de 65% à Bruxelles et 64% en Wallonie en 2008, à 46% et 48% en 2017. « Cette diminution est très interpellante » et ce pourcentage de couverture « insuffisant pour l’ensemble des femmes âgées de 25 à 64 ans », souligne l’organisme, qui regroupe notamment les mutualités chrétiennes, neutres, socialistes, libérales et libres.

Lire aussi > Faire ce geste avec vos doigts permettrait de détecter un des symptômes du cancer du poumon

La gratuité n’est pas un incitant

L’AIM remarque que cette couverture a subi une baisse plus marquée en 2011 et 2014, soit des années qui ont suivi des limitations du remboursement à un frottis. À partir de 2009, ce type de remboursement n’intervenait plus que tous les deux ans. Depuis 2013, le frottis de dépistage n’est remboursé que tous les trois ans. « Une faible partie de la baisse s’explique par le fait que certaines femmes continuent à se faire dépister plus d’une fois tous les trois ans sans remboursement et que l’Agence intermutualiste ne les enregistre pas », analyse l’organisme. Ce dernier remarque par contre que le taux de participation au dépistage spontané est inférieur chez les femmes défavorisées socio-économiquement. Cet écart de participation par rapport aux femmes qui ne bénéficient pas de l’intervention majorée (non-BIM) s’élevait en 2017 à 6% à Bruxelles et 12% en Wallonie.

De plus, « la gratuité du frottis pour les femmes non-BIM » instaurée en 2013 « ne semble pas avoir d’effet immédiat sur leur participation au dépistage », note l’AIM. De 2013 à 2017, le pourcentage de femmes non-BIM réalisant leur dépistage a en effet plus diminué que celui des femmes BIM.

Enfin, le rapport souligne que les femmes les plus âgées ont tendance à se faire moins dépister que les plus jeunes. Toutefois, la baisse de participation « qui s’observe dans toutes les tranches d’âge » est légèrement plus marquée chez les plus jeunes femmes. « Il serait intéressant à l’avenir de mesurer l’impact de la vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus humain sur la participation au dépistage. La vaccination contre le HPV est nécessaire mais pas suffisante pour lutter contre le cancer du col de l’utérus », conclut l’Agence intermutualiste.

Lire aussi > La contraception naturelle, pour reprendre son cycle et sa fertilité en main

En Belgique, 640 femmes ont appris en 2018 qu’elles étaient atteintes d’un cancer du col utérin et 235 femmes sont décédées de la maladie, selon les chiffres de l’institut de santé publique Sciensano. Chez les jeunes femmes de 25 à 44 ans, il s’agit même du quatrième cancer le plus important.

Avec Belga

CIM Internet