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Si vous avez un trou de mémoire, il suffit d’y repenser à un autre moment de la journée

Pas tout le monde n'a la chance d'avoir une mémoire d'éléphant

Pas tout le monde n'a la chance d'avoir une mémoire d'éléphant. | © Unsplash / AJ Robbie

Santé

Bien que la mémoire reste un domaine très compliqué à étudier, des scientifiques ont trouvé une piste pour expliquer les troubles de la mémoire.

 

Il nous arrive à tous de ne pas pouvoir nous souvenir de quelque chose, que ce soit un élément sur notre liste de courses, le nom d’un acteur lors d’une discussion animée, ou encore d’une tâche à effectuer plus tard dans la journée. Selon une nouvelle étude, si vous avez l’impression d’avoir oublié quelque chose, il suffirait d’y repenser plus tard dans la journée pour s’en souvenir.

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Des chercheurs de l’Université de Tokyo ont identifié un gène chez les souris qui semble influencer la mémoire à différents moments de la journée, révèle Science Daily. « Nous avons peut-être identifié le premier gène spécifique à la récupération de la mémoire chez les souris », a annoncé le professeur Satoshi Kida de l’Université de Tokyo du département de chimie biologique appliquée.

Chaque fois que vous oubliez quelque chose, c’est peut-être parce que vous ne l’avez pas vraiment appris (comme le nom d’une personne que vous venez de rencontrer il y a une minute), ou c’est peut-être parce que vous n’êtes pas capable de vous souvenir de l’endroit où est stockée l’information dans votre cerveau (comme les paroles de votre chanson préférée qui vous échappent).

La mémoire fluctue durant la journée

La mémoire reste un domaine très compliqué à étudier, à cause de la difficulté de distinguer ce que l’on ne sait pas, de ce dont on ne peut pas se souvenir. « Nous avons conçu un test de mémoire qui peut différencier entre le fait de ne pas savoir, et le fait de savoir mais de ne pas pouvoir se souvenir », a déclaré le professeur Kida. Durant la première phase du test de mémoire – la phase « d’apprentissage » – les souris avaient quelques minutes pour se familiariser avec un nouvel objet. Ensuite, durant la phase de « rappel », les chercheurs ont observé pendant combien de temps les souris ont touché l’objet lorsqu’il a été réintroduit (les souris passent moins de temps à toucher des objets qu’elles se souviennent avoir vu auparavant). Afin de tester leur mémoire, les chercheurs ont réintroduit le même objet à différents moments de la journée. Cette expérience a été effectuée sur des souris adultes mâles et femelles, avec des souris en bonne santé et des souris sans BMAL1, une protéine qui régule l’expression de nombreux autres gènes.

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Les souris entraînées au réveil et testées juste avant de s’endormir ont reconnu l’objet. Cependant, les souris entraînées au même moment mais testées 24 heures plus tard n’ont pas reconnu l’objet. Les souris en bonne santé et celles sans BMAL1 ont obtenu les mêmes résultats, mais les souris sans BMAL1 ont été encore plus distraites au moment de reconnaître l’objet.

« Nous avons maintenant la preuve que l’horloge interne régule la mémoire »

Selon les chercheurs, les souris auraient une moins bonne mémoire suivant l’heure de la journée, plus particulièrement au moment de leur réveil, quand les niveaux de BMAL1 sont normalement au plus bas. Le professeur Kida confie que le milieu de la recherche sur la mémoire avait déjà soupçonné que l’horloge interne du corps, qui est responsable de la régulation des cycles sommeil-éveil, avait également un effet sur l’apprentissage et la formation de la mémoire. « Nous avons maintenant la preuve que les horloges circadiennes régulent la mémoire », a déclaré M. Kida.

Les chercheurs ont tracé le rôle du BMAL1 dans la récupération de la mémoire. « Si nous pouvons identifier des moyens de stimuler la récupération de la mémoire par cette voie du BMAL1, alors nous pouvons penser à l’appliquer aux maladies humaines de déficit de la mémoire, comme la démence et la maladie d’Alzheimer », a déclaré le professeur Satoshi Kida. Cependant, le fait d’avoir des capacités de rappel de la mémoire qui fluctuent naturellement selon l’heure de la journée reste un mystère. « Nous voulons vraiment savoir quel est l’avantage pour l’évolution d’avoir une mémoire naturellement déficiente à certains moments de la journée », conclue le professeur.

Mots-clés:
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