Paris Match Belgique

Alors que la Chine vient de mettre deux villes en quarantaine, voici tout ce qu’il faut savoir sur la mystérieuse épidémie

Les coronavirus en Chine

Depuis 10H00 locales, plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter la cité de 11 millions d'habitants située en plein centre de la Chine. | © Belga Images / Photo by Mark RALSTON

Santé

La Chine prend les grands moyens contre le nouveau coronavirus qui a commencé à se répandre dans le reste du monde, mettant de facto en quarantaine à compter de jeudi la métropole de Wuhan, au coeur de l’épidémie.

 

Depuis 10H00 locales (03H00 HB), plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter la cité de 11 millions d’habitants située en plein centre de la Chine. La ville des bords du Yangtsé est au coeur de l’épidémie qui depuis décembre a contaminé plus de 500 personnes et fait 17 morts, selon un dernier bilan communiqué mercredi soir. Toutes les personnes décédées ont succombé à Wuhan ou dans sa région. « Les habitants ne doivent pas quitter Wuhan sans raison spécifique », a annoncé le Quartier général chargé de la lutte contre l’épidémie au niveau municipal.

Lire aussi > L’ONU tente une méthode surprenante pour combattre les épidémies dans le monde

Cette décision est prise afin « d’enrayer efficacement la propagation du virus », a-t-il expliqué, alors que la Chine s’apprête à entrer vendredi dans son long congé du Nouvel an, qui occasionne chaque année des centaines de millions de voyages.

La décision ayant été annoncée pendant la nuit, les habitants de Wuhan n’ont pas pu planifier un éventuel départ. En début de matinée, il restait possible de quitter la ville en voiture, selon un reporter du site internet d’information The Paper. Aux sorties autoroutières de la ville, des policiers stoppaient certains véhicules afin de prendre la température corporelle des occupants, selon cette source.

Il était encore possible de gagner la ville par le train ou en avion, même si de nombreux vols étaient supprimés. Mais à l’intérieur même de Wuhan, les transports publics étaient à l’arrêt et les festivités du Nouvel An ont été annulées. La mairie a aussi imposé le port du masque respiratoire, que la plupart des habitants avaient de toute façon commencé à arborer depuis le début de la semaine.

Plus tard dans la journée, la Chine a également mis en quarantaine la ville voisine de Huanggang (7 millions d’habitants).

D’où vient ce virus ?

Les premiers cas humains ont été détectés dans la ville chinoise de Wuhan, une cité de 11 millions d’habitants en plein centre de la Chine. Des cas ont ensuite été signalés au Japon, aux Philippines, en Corée du Sud, à Taïwan, en Thaïlande et aux Etats-Unis. Le virus se transmet par voie respiratoire. Aucun autre cas humain suspect n’a été signalé avant cela. Les experts pensent que les premiers cas ont été transmis par un animal.

En effet, les coronavirus sont très nombreux et divers. Ils ne contaminent en principe pas l’homme mais l’animal pour la grande majorité d’entre eux. Le cycle de prolifération des coronavirus repose largement sur la faune, et tout particulièrement sur les mammifères, qu’il utilise comme réservoir. Les chauves-souris sont des agents pathogènes fréquents, dont elles sont souvent le porteur sain. Mais on peut aussi citer le chameau.

Comme l’explique le Huffington Post : « Ce n’est qu’à l’occasion d’un premier saut, d’un mammifère vers un organisme intermédiaire, que le virus va muter. Il devient dès lors transmissible à l’homme, dans des conditions de promiscuité tel que l’on peut les retrouve dans un marché aux bestiaux. »

Chameau et coronavirus
Belga Images / Photo by Fayez Nureldine (AFP)

Vous avez déjà eu un coronavirus

Les coronavirus sont une grande famille de virus qui provoquent des maladies allant du simple rhume à des maladies plus graves. Seuls sept de ces virus sont susceptibles de vous faire tomber malade. Parmi ceux-ci, quatre se traduisent par une grippe soignable en seulement quelques jours. Ces coronavirus sont si communs qu’on estime même que 15 à 30% de nos coups de froid seraient dus à des coronavirus.

Lire aussi > Grippe ou rhume : Savez-vous vraiment faire la différence ?

Les trois restants sont en revanche plus dangereux. On compte le SRAS-Cov, responsable d’une épidémie mortelle en Chine en 2003, le MERS-CoV apparu au Moyen-Orient en 2010 et finalement, le fameux 2019-nCoV. Leur point commun ? Ces trois virus ont muté dans des animaux avant d’être transmis à l’homme,… devenant par là même des maladies humaines.

D’où vient sa dangerosité alors ?

Comme nous venons de le voir, si le coronavirus est bien souvent inoffensif, c’est sa capacité à muter qui le rend redoutable et surtout résistant aux traitements. Sa force est donc son matériel génétique, capable de se transformer, ce qui le rend difficilement cernable pour les scientifiques.

« MERS-Cov aurait ainsi sauté d’une chauve-souris à un chameau, avant de s’attaquer à l’homme…cette modularité rend la découverte de traitements particulièrement ardue, » ajoute le Huffington Post. Il n’existe pour l’instant aucun vaccin qui permette de protéger les gens contre ce type de coronavirus. Il s’agit en réalité d’une « nouvelle souche qui n’a jamais été découverte chez l’homme, » déclare Michelle Roberts, rédactrice en chef de la rubrique santé de BBC News online.

Le développement d’un vaccin contre le coronavirus prendra au moins un an

C’est ce qu’a déclaré l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (Gavi). Les scientifiques en savent encore très peu sur le virus, selon Seth Berkle, le CEO de Gavi. Plusieurs organisations ont entretemps commencé à étudier la maladie. Mais cela prendra « encore des mois » avant de pouvoir procéder à des essais cliniques. Il faudra au moins un an avant qu’un vaccin ne soit disponible, selon l’Alliance qui regroupe les secteurs public et privé.

CIM Internet