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Quand la psychose autour du coronavirus va trop loin

Une femme avec un masque en plein coronavirus

La panique règne face à l'avancée du coronavirus. | © Ben STANSALL / AFP

Santé

Devant la progression du coronavirus, l’inquiétude grandit à travers le monde, se transformant parfois en « hystérie collective ».

Malgré les mesures drastiques de la Chine pour empêcher sa propagation, le coronavirus est désormais présent dans une dizaine de pays, dont les États-Unis et l’Australie. La Belgique n’est pas encore citée, même si elle a connu une fausse alerte ce samedi. Le patient qui a été admis à l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles avec des symptômes faisant penser au coronavirus, souffre en réalité d’une grippe. Le doute était compréhensible, d’autant que le virus qui a fait au moins 41 morts en Chine est dorénavant présent en Europe, avec trois patients infectés en France.

L’arrivée sur le continent européen n’a fait qu’amplifier la psychose déjà bien présente depuis plusieurs jours. « Nous avons des gens qui nous appellent parce qu’ils ont croisé quelqu’un d’origine asiatique dans la rue qui se mouchait », a confié auprès de l’AFP Patrick Pelloux, président de l’association des urgentistes de France (Amuf), appelant à « arrêter l’hystérie collective ».

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« Il faut savoir raison garder. Il y aura cette année à nouveau plusieurs milliers de gens qui vont mourir de la grippe hexagonale, et ça ne fait pas la Une des journaux », a relevé l’urgentiste, cité par HuffPost. « Là, nous avons trois cas en France et qui ne sont même pas graves. C’est une épidémie qui est contrôlée, il faut faire confiance aux autorités, il faut faire confiance à l’OMS (Organisation mondiale de la santé). »

Interrogé par le Los Angeles Times, l’épidémiologiste Brandon Brown a lui aussi appelé à ne pas céder à la panique. « Les agents de santé publique devraient être à l’affût. Le gouvernement devrait être prêt à fournir des ressources. La transmission de faits opportuns au public est essentielle. Mais pour tous les autres : Respirez. »

Ruée sur les masques

Avant même que les trois cas du virus 2019-nCov ne soient confirmés en France, certaines pharmacies n’avaient plus de masques de protection à vendre. Surtout dans les aéroports et zones touristiques, précise Le Parisien. « On a été dévalisés en une journée », a confié le responsable de la pharmacie du terminal 2 de l’aéroport Roissy-Charles De Gaulle. « L’autre jour, j’ai vendu plus de vingt boîtes à la même personne », raconte le pharmacien de celui de Lyon, avant de relativiser : « La grippe tue des gens en France chaque année, on ne panique pas pour autant. »

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