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Coronavirus : La tension monte entre la Chine et le reste du monde

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Une famille cambodgienne attend à l'entrée d'un hôpital de Phnom Penh, la capitale, pour subir des analyses. Le ministère de la Santé y a signalé un cas le 27 janvier, un homme de 60 ans arrivé de Wuhan (Chine). | © TANG CHHIN Sothy / AFP.

Santé

Le bilan de l’épidémie de coronavirus s’est alourdi à 170 morts ce jeudi en Chine après un bond sans précédent du nombre quotidien de décès. Par ailleurs, le virus commence à se propager et touche de plus en plus de pays. Un premier cas a notamment été diagnostiqué en Inde et la Russie a officiellement annoncé la fermeture de ses frontières avec la Chine. Toutes les informations à retenir.

L’épidémie liée au virus chinois ne cesse de faire des ravages en Chine et progresse un peu partout dans le monde. Avec un bilan de 7 783 contaminations, le nombre d’infections au nouveau coronavirus dépasse largement celui de l’épidémie de SRAS de 2002-2003. En revanche, le coronavirus reste moins mortel : il comptabilise 170 décès contre 349 pour le SRAS.

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Ce jeudi 30 janvier, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) se réunira à nouveau pour déterminer si cette épidémie constitue ou non « une urgence de santé publique de portée internationale », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, son directeur général, via Twitter ce mercredi.

L’Inde touchée

De nombreuses compagnies aériennes (British Airways, Lufthansa, Lion Air….) ont décidé de suspendre tous leurs vols vers la Chine continentale. United Airlines et Air Canada souhaitent quant à elles réduire leur nombre de vols. Les États-Unis et l’Allemagne déconseillent fortement à leurs ressortissants de séjourner dans le pays.

L’essentiel des contaminations ont eu lieu en Chine, dont 26 provinces, y compris Hong-Kong et Macao, ont déclaré des cas. Toutefois, une quinzaine d’autres pays ont confirmé des cas importés : Thaïlande, Japon (dont un cas de personne qui n’avait pourtant pas voyagé en Chine), République de Corée, États-Unis, Taïwan, Australie, Népal, Singapour, Vietnam, Malaisie, Sri Lanka, Canada, France, Allemagne, Finlande, Émirats Arabes Unis, Cambodge…

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L’Inde a confirmé jeudi son premier cas après qu’un étudiant a été placé en isolement dans un hôpital du Kerala à son retour de la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l’épidémie, a indiqué le ministre indien de la santé. Au vu de la densité de la population en zone urbaine et des conditions sanitaires dans le pays, cette nouvelle n’augure rien de bon. La Jordanie et les Philippines ont également fait état de leur premier cas ce jeudi.

« L’épidémie est un démon »

Tedros Adhanom Ghebreyesus
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. © FABRICE COFFRINI / AFP.

« L’épidémie est un démon. Nous ne permettrons pas au démon de rester caché, a déclaré le président chinois Xi Jinping lors d’une rencontre avec le directeur général de l’OMS à Pékin. Depuis le début, le gouvernement chinois a fait preuve d’ouverture, de transparence et de responsabilité afin de diffuser dans les plus brefs délais les informations sur l’épidémie ».

Des rapports diplomatiques de plus en plus tendus

Mais selon les informations du Figaro, certains pays occidentaux éprouvent des difficultés à rappatrier leurs ressortissants et pointent du doigt le manque de coopération venant de Chine. Certains avions n’auraient pas pu atterrir ou décoller à Wuhan, épicentre de l’épidémie, selon plusieurs médias. « Il y a une obstruction chinoise », déplore un diplomate d’un pays européen, toujours selon Le Figaro.

En effet, ce lundi, lors d’une réunion à Pékin, les diplomates chinois auraient signalé aux ambassadeurs étrangers leur désaccord concernant les rapatriements. Alors que le Japon et les États-Unis ont déjà rapatrié plusieurs centaines de leurs ressortissants, la France comme l’Allemagne font face à des difficultés. Outre les autorisations d’atterrir ou de décoller, Pékin aurait complexifié les démarches administratives pour quitter le pays, notamment pour les conjoints chinois des ressortissants étrangers.

Jeff Siddle, un Britannique, a ainsi appris que sa fille et lui avaient été autorisés à rentrer, mais pas sa femme chinoise qui bénéficie pourtant d’un visa permanent de résidence au Royaume-Uni. « Ma femme est bouleversée (…) Les autorités chinoises n’autorisent aucun résident chinois à partir », a-t-il déploré, interrogé par la BBC.

La Russie ferme sa frontière avec la Chine

La Russie a annoncé ce jeudi son intention de fermer ses quelque 4250 km de frontière avec la Chine pour lutter contre de la propagation du virus. « Un ordre a été signé aujourd’hui et il est entré en vigueur. Nous informerons aujourd’hui tout le monde des mesures prises pour fermer la frontière en Extrême-Orient », a annoncé le Premier ministre Mikhaïl Michoustine, cité par les agences russes. Il n’a pas apporté dans l’immédiat de détails du calendrier, ni si cette fermeture de la frontière concernait aussi les ports.

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Moscou n’a pas fait état de cas de patients infectés sur son territoire par le nouveau coronavirus depuis sa propagation à partir de la ville chinoise de Wuhan, où il a fait son apparition en décembre. De nombreux Chinois, touristes et travailleurs, sont présents en Russie et notamment en Sibérie et en Extrême-Orient. Ils utilisent aussi massivement les aéroports russes comme point de transit à destination des pays européens.

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