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On sait enfin pourquoi certaines personnes résistent mieux à la grippe que d’autres

On sait enfin pourquoi certaines personnes résistent mieux à la grippe que d'autres

Suivant le type de grippe, on ne serait pas tous immunisé de la même sorte. | © Unsplash / Kelly Sikkema

Santé

Votre toute première grippe pourrait bien déterminer votre système immunitaire.

 

Alors que certains doivent se faire hospitaliser à cause d’une grippe, d’autres luttent beaucoup plus facilement face au même virus. Une inégalité face à la maladie qui soulève des questions dans le monde scientifique : pourquoi la même souche d’un virus de la grippe affecte la population à des degrés de gravité différents ? Selon une toute nouvelle étude, cela ne serait pas le fruit du hasard.

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Des scientifiques de l’Université de Californie et de l’Université d’Arizona ont découvert que la capacité qu’ont les gens à combattre la grippe était déterminée depuis notre enfance. Notre système immunitaire se construirait en fonction des différents types de grippe que l’on a eu tout au long de notre vie, mais également en fonction de l’ordre dans lequel elles sont apparues. Ainsi, la toute première grippe que l’on aurait durant notre enfance serait décisive pour notre système immunitaire. Cette découverte pourrait être déterminante dans la manière de soigner la grippe saisonnière.

Une gravité de la grippe en fonction de son passé

Ces mêmes chercheurs avaient déjà trouvé en 2016 que l’exposition aux virus de la grippe pendant l’enfance confère aux gens une protection partielle pour le reste de leur vie. Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont cherché à savoir si cette découverte pouvait expliquer les écarts de gravité des effets de la grippe saisonnière sur les personnes de différents groupes d’âge.

En analysant les dossiers médicaux des services de santé de l’Arizona, les scientifiques ont découvert que les grippes H3N2 et H1N1, tous deux de type A, sont les plus répandues depuis plusieurs décennies. Selon le rapport, le H3N2 est responsable de la majorité des cas graves chez les personnes âgées à haut risque, et de la majorité des décès dus à la grippe. Le virus H1N1 est plus susceptible de toucher les jeunes adultes et les adultes d’âge moyen, et cause moins de décès.

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Selon les dossiers de santé, les personnes ayant été exposées pour la première fois à la souche moins grave, H1N1, pendant leur enfance avaient moins de chances d’être hospitalisées si elles rencontraient de nouveau la grippe H1N1 plus tard dans leur vie, contrairement aux personnes qui avaient été exposées pour la première fois à la souche H3N2. Par contre, ces derniers étaient mieux protégés contre le H3N2 plus tard dans leur vie.

Un potentiel vaccin universel contre la grippe ?

« Nous espérons qu’en étudiant les différences d’immunité contre la grippe aviaire et contre la grippe saisonnière, nous pourrons découvrir des indices utiles au développement d’un vaccin universel contre la grippe » indique Katelyn Gostic, auteure principale de l’étude.

On sait enfin pourquoi certaines personnes résistent mieux à la grippe que d'autres
Et si un vaccin contre toutes grippes était possible ? © Unsplash / Hyttalo Souza

Les personnes qui ont eu leur première grippe dans leur enfance en 1955 – lorsque le virus H1N1 était en circulation mais pas le virus H3N2 – avaient beaucoup plus de chances d’être hospitalisées pour une infection par le H3N2 que pour une infection par le H1N1, explique Michael Worobey, co-auteur de l’étude. « Le second sous-type auquel vous êtes exposé n’est pas capable de créer une réponse immunitaire aussi protectrice et durable que le premier », affirme-t-il.

Les chercheurs espèrent que leurs conclusions pourront aider à prédire quels groupes d’âge pourraient être gravement touchés en fonction du sous-type de grippe circulant. Ces informations pourraient également aider les responsables de la santé à préparer leur réponse, notamment en ce qui concerne les personnes qui devraient recevoir en priorité des vaccins.

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