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Coronavirus : Comment les Chinois en quarantaine tuent le temps

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À bord du Diamond Princess. | © Philip FONG / AFP

Santé

Cloîtrés chez eux depuis plusieurs semaines pour éviter toute contamination au coronavirus, certains multiplient les techniques pour tromper l’ennui et l’angoisse d’une possible contamination.

 

L’ennui est pesant pour les habitants et touristes confinés de Chine. Entre la longue attente de la quarantaine et l’angoisse d’une contamination, beaucoup cherchent à tout prix à trouver une occupation pour ne pas devenir fou. « Je ne suis pas sorti depuis des jours, je n’en pouvais plus de rester assis », se plaint Pan Shancu sur le réseau social Weibo. Bloqué dans son appartement de la ville de Hangzhou, dans l’est du pays, l’homme de 44 ans ne s’est pas laissé abattre. Ce sportif accompli, adepte des courses à pied sur de longues distances, a décidé de poursuivre sa passion chez lui. Dans sa salle de sport improvisée, il aurait atteint 66 km en tournant en rond pendant… 6 heures et 41 minutes. « J’ai eu la tête qui tournait au début, mais je me suis senti mieux au fil des tours », a déclaré celui qui publie ses performances sur les réseaux sociaux. Avec ses vidéos, il espère ainsi « inspirer » ses compatriotes qui, comme lui, souffrent de cet enfermement imposé.

D’autres s’adonnent à un autre sport plus original : le curling d’intérieur. La glace est ici remplacée par le sol d’une cuisine, et les pierres par des casseroles, comme le montre une courte vidéo de sept secondes, publiée initialement sur Tik Tok.

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La croisière vire au cauchemar

À bord du Diamond Princess, le bateau de croisière mis en quarantaine dans le port japonais de Yokohama, des ateliers étaient organisés comme des tutoriels d’origami ou des jeux type sudoku et mots croisés, s’ajoutant ainsi aux activités classiques telles que la lecture, l’écoute de musique et le visionnage de films.

Alors que les voyageurs à bord étaient confinés dans leurs cabines quasiment 24h/24, la plupart des membres du personnel de bord n’a pas été soumis aux mêmes contraintes. Ils devaient préparer et porter des repas dans les cabines, apporter des serviettes, livrer des journaux. Le fait que ces tâches soient effectuées par l’équipage d’origine a suscité de vives critiques, certains estimant qu’ils ont pu devenir malgré eux des agents de propagation du virus. Avec plus de 630 contaminés sur 3 711 passagers, le Diamond Princess était devenu le plus important foyer de contagion hors de Chine malgré son placement en quarantaine le 5 février.

La première victime de l’épidémie : le lien social

Certains communiquent comme ils peuvent avec leurs voisins. Publiée par le quotidien South China Morning Post, une vidéo montre des battles de danse entre des habitants de la province du Sichuan, au sud-ouest du pays, livrant leur meilleure chorégraphie derrière la vitre de leur appartement pour leurs voisins d’en face. Cela leur permet de retrouver un semblant de lien social, la première victime de cette épidémie.

 

 

 

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