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En 2017, un Bill Gates prophétique annonçait une pandémie mondiale pouvant « tuer 30 millions de personnes »

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La fondation Bill & Melinda Gates s'est engagée à investir 100 millions de dollars pour la lutte contre le nouveau coronavirus. | © BELGA PHOTO / THIERRY ROGE.

Santé

Alors que la contamination au coronavirus s’est encore accélérée ce lundi à travers le globe – l’OMS évoquant un risque de « pandémie » -, des propos troublants du fondateur de Microsoft refont surface. Cétait en 2017 et le milliardaire alertait la communauté internationale d’une « probable » catastrophe à l’échelle planétaire, qui laisserait derrière elle des dizaines de millions de morts.

Pandémie : le mot est employé pour la première fois par l’Organisation mondiale de la santé ce lundi. Sur fond de dégringolade des marchés financiers inquiets pour l’économie mondiale, l’épidémie de coronavirus – ou COVID-19 – est jugée « très préoccupante » par l’OMS. De nouveaux cas ont encore été observés en Italie, en Corée du Sud et en Iran. Elle a cependant observé un déclin en Chine, pays d’origine de la maladie, depuis début février. Il y a trois ans presque jour pour jour, Bill Gates alertait déjà sur les risques d’une pandémie mondiale devant la Conférence de sécurité de Munich.

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Le milliardaire prenait notamment l’exemple de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2014-2015 ou de la grippe espagnole de 1918, avant d’évoquer l’invention possible d’un virus à des fins « terroristes », et jugé « probable » une catastrophe de ce type à l’échelle du globe.

« Se préparer aux pandémies avec le même sérieux que pour les guerres »

« Qu’il apparaisse dans la nature ou dans les mains d’un terroriste, les épidémiologistes disent qu’un pathogène transmis dans l’air et se propageant rapidement peut tuer 30 millions de personnes en moins d’un an », expliquait-il. « Et c’est assez probable que le monde aura à vivre une telle épidémie dans les 10 à 15 ans à venir, c’est pourquoi nous nous mettons en danger en ignorant le lien entre sécurité sanitaire et sécurité internationale ».

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Les bourses mondiales sont touchées de plein fouet par l’épidémie de Coronavirus. © Philip FONG / AFP.

Le mécène lançait alors un appel aux États du monde entier à investir dans la recherche pour développer des technologies capables de créer des vaccins en quelques mois. Et appelait la communauté internationale à se préparer à une pandémie avec le même sérieux qu’elle se préparait à une attaque nucléaire durant la Guerre froide. « Le coût global de la préparation à une pandémie est estimé à 3,4 milliards de dollars par an. La perte annuelle qu’une pandémie provoquerait pourrait atteindre 570 milliards », affirmait-il. 

Rebelotte en 2018, lors d’un événement organisé par la Massachusetts Medical Society, où Gates avertissait sur la nécessité du monde « à se préparer aux pandémies avec le même sérieux que pour les guerres ».

L’afrique subsaharienne et l’Asie du Sud-Est, des zones clés

Début février, la fondation Bill & Melinda Gates s’est engagée à investir 100 millions de dollars pour la lutte contre le nouveau coronavirus. 20 d’entre eux sont destinés aux institutions compétentes dont l’OMS, les Centres américains (CDC) et chinois de contrôle et de prévention des maladies, ainsi que la Commission nationale de la santé en Chine.

20 autres millions sont alloués aux autorités de santé publique des pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud-Est, des zones qui furent affectées de façon disproportionnée par de récentes épidémies – dont la pandémie de H1N1 en 2009.

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Jusqu’à 60 millions de dollars sont eux consacrés à la recherche de vaccins, de traitements et d’outils de diagnostic.

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