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Coronavirus : Trump a demandé à un laboratoire un vaccin exclusif pour les États-Unis

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Donald Trump à la Maison-Blanche, le 15 mars 2020. | © JIM WATSON / AFP.

Santé

Donald Trump aurait demandé à un laboratoire allemand d’avoir l’exclusivité, pour les États-Unis, d’un vaccin contre le coronavirus.

 

« L’Allemagne n’est pas à vendre ». La réponse du ministre allemand de l’Économie Peter Altmaier est sèche et a un but : être entendu de Donald Trump. Selon le Welt am Sonntag, l’édition dominicale de Die West, le président américain aurait proposé un milliard de dollars à un laboratoire privé allemand afin d’avoir l’exclusivité, pour les États-Unis, du vaccin contre le coronavirus sur lequel il travaille. « C’était une bonne décision » de refuser, a-t-il salué. CureVac, entreprise basée à Tübingen, a également un bureau à Boston, mais demeure une entreprise allemande : « Quand cela concerne des infrastructures importantes et intérêts nationaux et européens, nous agirons s’il le faut », a rappelé Peter Altmaier. Christof Hettich, le patron du principal investisseur de CureVac, a confirmé au Mannheimer Morgen : « Nous voulons développer un vaccin pour le monde entier, pas pour des États individuellement ».

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Selon le New York Times, la proposition aurait été faite début mars à l’issue d’une réunion à la Maison-Blanche où était présent Daniel Menichella, le directeur de CureVac, qui a assuré penser « être capable de développer un candidat à un vaccin fort dans les prochains mois ». L’Américain, précise le quotidien, a quitté ses fonctions deux jours après, sans précision de la raison de son départ. CureVac « rejette clairement les affirmations sur la vente de l’entreprise ou sa technologie » et la Maison-Blanche assure que les informations sont « exagérées » mais la confirmation du ministre a de quoi interroger.

« Détendez-vous », assure Trump

Depuis le début de la pandémie, Donald Trump est accusé de minimiser la gravité du coronavirus alors que son administration tente de rattraper le retard accumulé depuis les premiers cas de virus sur le territoire américain. Tests insuffisants, système de santé privé et désinformations sont autant d’obstacles à une réaction efficace dans ce pays qui compte plus de 3100 cas dans 49 États. Malgré la mobilisation d’experts et l’implication de Mike Pence, vice-président chargé de coordonner l’action de son administration, Donald Trump refuse de sévir lui-même : « Détendez-vous. Juste relaxez-vous. Relaxez-vous, nous agissons bien. Ça va passer », a-t-il répété dimanche lors d’un point presse. Le médecin de la Maison-Blanche a confirmé samedi qu’il n’était pas porteur du virus, même s’il a été en contact avec plusieurs personnes depuis contrôlées positives et qu’il continue à serrer des mains, allant à l’encontre des recommandations sanitaires.

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Dans le pays, certains États s’organisent. En Californie, qui compte 335 cas et six décès, le gouverneur Gavin Newsom a demandé l’isolement pour les personnes de plus de 65 ans, appelant à la fermeture des bars et à des limites de présence dans les restaurants. À New York, les écoles vont fermer et les restaurants ne seront plus autorisés à recevoir du public, seulement à poursuivre la livraison et la vente à emporter. Le Sénat doit voter ce lundi la loi adoptée, avec l’accord de la Maison-Blanche, par la Chambre des représentants samedi, prévoyant « le dépistage gratuit pour toute personne ayant besoin d’être testée, y compris celles qui n’ont pas d’assurance », ainsi qu’un arrêt maladie d’« urgence », avec « deux semaines de congés et jusqu’à trois mois d’arrêt pour raison familiale ou médicale ».

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