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Comment internet change le regard sur les maladies mentales

Sur Internet, les démarches sont nombreuses pour déconstruire les clichés sur les maladies mentales.

De plus en plus de personnes atteintes de maladies mentales décident de se montrer pour mettre un terme aux clichés ! | © Photo by VIVEK PRAKASH / AFP.

Santé

Du 14 mars au 21 mars se tiennent les journées mondiales de la schizophrénie. Sur Internet, les démarches sont nombreuses pour déconstruire les clichés sur les maladies mentales.

 

Face à la caméra de Brut, Jason explique être atteint de schizophrénie. Il y raconte ses crises avec “des hallucinations auditives, visuelles” où il se voyait “faire du mal aux personnes”. Il insiste surtout sur un point : “une personne schizophrène se fait plus de mal à elle-même qu’aux autres”. Aujourd’hui, il prend un traitement, la clozapine, qui lui permet de mettre de côté ses hallucinations. Le jeune homme de 19 ans a pris la parole pour “que les gens se mettent dans la tête que quelqu’un en hôpital psychiatrique n’est pas dangereux ou taré. Il est en détresse et a besoin d’aide”.

 

 

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Comme Jason, de plus en plus de personnes atteintes de maladies mentales décident de se montrer pour mettre un terme aux clichés souvent véhiculés dans les films. La parole se libère. Brut, encore une fois, a interviewé en octobre dernier le médecin psychiatre Jean-Victor Blanc, auteur du livre Pop&Psy (Editions Plon).

Le spécialiste est revenu sur les représentations des maladies psychiques dans les longs métrages. Même s’il y a des aspects positifs, il précise que la schizophrénie de Nina dans Black Swan “n’est pas une réalité médicale. Ce n’est pas avoir avoir deux personnalités, pourtant ça a été abondamment repris dans les médias”. Dans un autre film, Melancholia, “la dépression ne finit pas de manière extrêmement négative comme dans le film. C’est un des clichés les plus fréquemment vus, c’est-à-dire qu’on ne peut rien faire contre la dépression. Or, la dépression est une maladie qui se traite”.

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Une série validée par un comité scientifique

Pour être au plus près de la réalité, des efforts sont faits dans les fictions. Certaines s’entourent d’experts comme la série Schizo sortie le 11 mars dernier sur Internet. Décrite comme “la première série scientifique”, elle raconte l’arrivée d’Alice, 16 ans, dans son nouveau lycée. Très vite, d’étranges phénomènes se produisent autour d’elle. Elle angoisse, a des idées délirantes ou des troubles cognitifs comme une perte de la mémoire. Les premiers symptômes de la schizophrénie apparaissent.

Sur le site internet de schizo, tous ces symptômes sont expliqués. Au total, 13 experts ont participé à la série. Parmi eux des psychiatres, des parents ayant un enfant schizophrène, des chercheurs en neurosciences… Mael Sevestre, le réalisateur de la série explique sur Instagram : “La rencontre avec le comité scientifique a été un moment incroyablement constructif. Ils nous ont accompagné au niveau de la mise en scène et de l’interprétation des comédiens pour sortir des stéréotypes. On a eu des feedback positifs. On a pu affiner le scénario pour être au plus juste dans ce qu’on voulait présenter et avoir un script en béton”.

 

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Instagram joue aussi un rôle dans la déconstruction des clichés autour des maladies mentales. Certains jouent la carte des illustrations pour faire passer le message de manière subtile, intelligente et parfois drôle. La dessinatrice brésilienne Marcela Sabia croque des sujets telles que l’anxiété et l’angoisse. Autant de thématiques qu’elle connaît bien, elle même a souffert de ces maux. Le coup de crayon est délicat. Il y a souvent une pensée encourageante pour s’accepter et ne pas se préoccuper du regard des autres qui peut être si pesant quand on est atteints de maladies mentales.

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Le compte theofficialsadghostclub, lui, met en scène un petit fantôme attachant avec ses moments de bien et de moins bien. L’occasion de montrer que les maladies mentales ne sont pas seulement des phases de doutes, d’angoisses. Il y a aussi du positif.

 

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