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Pourquoi le confinement est encore nécessaire passé la période d’incubation ?

Le confinement pour lutter contre le coronavirus va encore durer.

On ne le répétera jamais assez : restez chez vous ! | © Sharon McCutcheon/Unsplash

Santé

Même si la période d’incubation du covid-19 peut aller jusqu’à 14 jours, ce n’est pas pour autant qu’on peut sortir de confinement après deux semaines. Explications.

 

Le Centre de crise a tenu à souligner, lors du point presse de mercredi sur la crise du coronavirus, qu’il ne convenait actuellement pas d’entrer à nouveau en contact avec d’autres personnes, même après une période d’isolement lors de laquelle aucun symptôme n’est apparu. Pourtant, on ne le répétera jamais assez : au-delà d’éviter de tomber malade, les mesures de confinement ont été prises pour que le virus se propage le moins possible.

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Un risque pour soi et pour les autres

Des messages sur les réseaux sociaux font état de personnes qui, après deux semaines sans symptômes, considèrent qu’elles ne sont pas infectées et qu’elles peuvent reprendre une vie sociale progressivement, a déploré le Dr Emmanuel André, le porte-parole inter-fédéral de la lutte contre le covid-19. Même si vous n’avez pas développé de symptômes après la période d’incubation, soit au maximum deux semaines après le premier jour de confinement (à peu près maintenant), ce n’est pas pour cela que vous n’êtes pas porteur du covid-19 et que vous ne pourrez pas le transmettre à d’autres personnes.

Observer un confinement stricte et massif a pour objectif de réduire le nombre de personnes qui peuvent être infectées par le virus et éviter de dépasser la capacité maximale des hôpitaux, comme cela s’est produit en Italie, notamment.

« Nous insistons sur le fait qu’il est extrêmement important de maintenir les efforts. Avec les mesures, nous avons divisé la société en petits groupes entre lesquels nous avons limité les ponts pour éviter la circulation du virus. Cet effort porte ses fruits mais cela prend du temps. Si nous commençons à recréer ces ponts, le virus va inévitablement recommencer à circuler de façon très active », a illustré le virologue. « Il y a encore un grand nombre de gens porteurs, même sans symptômes. Ces personnes peuvent toujours être infectieuses pour les autres, même après deux semaines », a-t-il insisté.

Un ralentissement en vue

Pour le moment, la date de fin du confinement est prévue le 19 avril prochain. Une date qui pourrait encore être reportée une fois que le conseil de sécurité aura évalué l’évolution de l’épidémie en Belgique. En ce 1er avril, on observe un ralentissement du nombre de patients hospitalisés. « On voit que le nombre de jours qu’il faut pour que les chiffres doublent augmente avec le temps. Cela confirme un ralentissement plus marqué des patients hospitalisés et des patients en soins intensifs », explique Marius Gilbert, responsable du Laboratoire d’épidémiologie spatiale de l’ULB.

« Le temps de doublement, c’est le nombre de jours qu’il faut pour que les cas, les hospitalisations, ou les admissions en soins intensifs doublent ». Alors qu’il y a une semaine, les chiffres doublaient en même pas deux jours, on compte désormais entre 7 et 8 jours avant que les hospitalisations et les patients traités aux soins intensifs doublent. Sans crier victoire trop vite, la nouvelle est plutôt bonne et laisse entrevoir un ralentissement des admissions à l’hôpital.

« Le ralentissement se confirme, le pic d’hospitalisations/soins intensifs nettes pourrait être atteint en début de semaine prochaine. Attention, l’augmentation des décès se poursuivra vraisemblablement au-delà de cette date ». En Chine, il a fallu trois mois de confinement avant que les derniers habitants de la province de l’Hubei puissent enfin mettre un pied dehors. Le 19 avril, chez nous, cela fera un mois que le confinement strict est entré en vigueur. En sachant que le pic pourrait arriver la semaine prochaine, il faudrait encore des semaines avant que l’épidémie soit éradiquée et qu’on puisse espérer reprendre une vie normale. Alors autant être bien clair et prendre son mal en patience : la fin du confinement, c’est loin d’être pour tout de suite.

Avec Belga

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