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Désinfectant dans les poumons : L’étrange interrogation de Trump [VIDÉO]

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Donald Trump à la Maison-Blanche, le 23 avril 2020. | © Media Punch.

Santé

Lors de son point quotidien à la Maison-Blanche, Donald Trump s’est interrogé sur la possibilité d’injecter du désinfectant dans les poumons des patients atteints par le coronavirus.

D’après un article Paris Match France de Kahina Sekkai

Soleil et désinfectant pour éliminer le coronavirus ? Jeudi, Donald Trump a émis ses propres hypothèses étonnantes et non vérifiées pour lutter contre le Covid-19. Bill Bryan, chef du bureau scientifique du département de la Sécurité intérieure, venait de citer une étude américaine prouvant que « le virus mourait plus rapidement à la lumière du soleil », ce qui a inspiré le milliardaire : « Donc disons qu’on expose le corps à une énorme… Que ce soit ultraviolet ou juste une lumière très puissante, et je pense que ça n’a pas été vérifié à cause des tests. Puis j’ai dit, supposant que l’on mette de la lumière à l’intérieur du corps, ce que vous pouvez faire à travers la peau ou autre, et je pense que vous avez dit que vous alliez tester cela aussi. »

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Même si le Dr Deborah Birx, médecin et diplomate membre de l’équipe de la Maison-Blanche, a bien précisé que l’effet de la lumière sur le virus n’est « pas un traitement », le président américain s’est accroché à cette théorie : « Il y a rumeur, vous savez, une rumeur très sympa, qui dit que si vous allez dehors au soleil ou si vous avez de la température et que cela a un effet sur les autres virus. »

Donald Trump a poursuivi : « Je dis : ‘Vous pouvez peut-être ou pas’, je ne suis pas médecin. Mais je suis une personne qui a une bonne vous-savez-quoi », a-t-il déclaré, effectuant un geste de la main près de sa tête.

Mis en garde par la possibilité de propager de fausses rumeurs à une heure de grande écoute, Donald Trump n’a pas apprécié la question d’un journaliste du Washington Post : « Je suis le président et vous êtes les fake news. Je vous le dis très gentiment, je vous connais bien, parce que je vois le type qui parle et c’est un charlatan total, donc vous êtes prêts ? Ce n’est qu’une suggestion. D’un laboratoire, de la part d’un homme très intelligent et peut-être brillant. Il parle du soleil, il parle de la chaleur, et vous voyez les chiffres, c’est tout. Je suis ici pour présenter des talents, je suis ici pour présenter des idées, parce que nous voulons des idées pour nous débarrasser de cette chose, et donc si la chaleur aide, si les rayons du soleil aident, je trouve ça très bien. »

Un lavement des poumons au désinfectant ?

Si Bill Bryan a conclu que des conditions estivales pouvaient créer « un environnement dans lequel la transmission peut être réduite », il a bien précisé que cela n’éliminait pas totalement le virus. L’Organisation mondiale de la santé l’a également rappelé sur son site, sur une page dédiée à la vérification d’informations : « Vous pouvez attraper le Covid-19, peu importe à quel point la météo est ensoleillée et la température élevée. Les pays avec une température chaude ont recensé des cas de Covid-19. […] Vous exposer au soleil ou à des températures plus élevées que 25°C NE PROTÈGE PAS contre le Covid-19. »

Le président américain a eu une autre idée pour traiter les patients atteints : « Je vois que le désinfectant le met KO en une minute, une minute. Et il y a un moyen que l’on peut utiliser, par une injection à l’intérieur ou comme un nettoyage ? Comme vous voyez, ça va dans les poumons, ça fait beaucoup de mal aux poumons, donc ça serait intéressant de vérifier ça. Il faudra voir avec les docteurs en médecine mais ça m’a l’air intéressant. »

Aux États-Unis, le coronavirus a causé la mort de plus de 50 000 personnes.

Les beaux jours, l’espoir du professeur Raoult

En France, le professeur Didier Raoult a répété mardi qu’il était possible que, d’ici « un mois », il n’y ait plus de nouveaux cas de coronavirus « dans les pays tempérés » grâce à l’arrivée des beaux jours. « On a maintenant à Marseille une diminution constante du nombre de cas diagnostiqués, mais aussi du nombre de cas hospitalisés en réanimation. Pour ce qui est du nombre de morts, ce sera un peu plus long, parce que les gens meurent souvent plus d’un mois après avoir été infectés. Nous avons les mêmes données dans la région PACA, plus ou moins décalées, les mêmes données en France, dans la plupart des pays d’Europe et en Amérique du Nord. […] Je ne prédis pas l’avenir, mais si les choses continuent comme ça, on a bien l’impression que ce qui était l’une des possibilités de cette maladie, c’est-à-dire une maladie saisonnière, est en train de se réaliser. Il est possible que d’ici un mois, il n’y ait plus de cas du tout dans la plupart des pays tempérés. »

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Mais cette théorie, qu’il a déjà avancée, avait été modérée par l’Agence régionale de santé en PACA : « Nous n’en savons rien malheureusement. Nous enregistrons, c’est vrai, depuis quelques jours une diminution de la progression de l’épidémie, pas du tout une régression. L’épidémie va se poursuivre et ça va prendre encore des semaines, avait indiqué Philippe de Mester, directeur général de l’ARS, cité par France Bleu. Je n’ai peut-être pas la notoriété du Professeur Raoult mais il faut être très sérieux sur les mesures de confinement. Ce n’est que comme ça qu’on y arrivera. » Donald Trump, qui avait vanté les mérites de l’hydroxychloroquine en citant notamment l’étude du professeur français, n’a plus évoqué la molécule depuis la semaine dernière et la publication de plusieurs études mettant en doute son efficacité dans la lutte contre le Covid-19 et prévenant de risques d’effets secondaires cardiaques graves.

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