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Après plusieurs contaminations, le port du masque obligatoire à la Maison-Blanche

Après plusieurs contaminations, le port du masque obligatoire à la Maison-Blanche

Un partisan du président américain Donald Trump, le 10 mai 2020 | © CHANDAN KHANNA / AFP

Santé

Après plusieurs contaminations au Covid-19 parmi les rangs de l’administration américaine, le port du masque est désormais obligatoire à la Maison-Blanche.

D’après un article Paris Match France de Kahina Sekkai

Masques pour tous… ou presque. Lundi, la Maison-Blanche a ordonné le port du masque à ses employés, sauf pour les moments où ils sont installés à leur bureau. Cette décision a été prise après la contamination de plusieurs personnes parmi les rangs de l’administration américaine dont Katie Miller, porte-parole du vice-président Mike Pence et épouse du conseiller de Donald Trump, Stephen Miller, mais aussi d’un des majordomes personnels du président américain.

Mais cette obligation ne s’appliquera pas à Donald Trump ni Mike Pence, qui ont tous deux refusé de porter un masque lors de leurs dernières sorties publiques, dans une usine de fabrication de masques, justement, pour le premier, et dans un hôpital traitant des patients souffrant du Covid-19 pour le second. « En plus de la distanciation sociale, de la protection du visage, de contrôles quotidiens de la température, d’une surveillance des symptômes, de gel hydroalcoolique et de nettoyages réguliers de tous les espaces de travail, chaque membre de l’équipe en proximité directe avec le président et le vice-président est testé quotidiennement pour le Covid-19 comme tous les invités », a précisé Judd Deere, secrétaire adjoint de la presse à la Maison-Blanche, confirmant donc que ces mesures ont pour but de protéger Donald Trump et Mike Pence.

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Tous ont donc accès à des tests rapides, grâce à la machine dont Donald Trump avait fait la promotion le mois dernier. Le dépistage est le nouvel argument phare du président américain, qu’il présente comme une réussite massive de son administration. Faisant fi des plaintes multiples venant de gouverneurs et de professionnels de santé déplorant le manque de tests pour diagnostiquer massivement, le milliardaire a insisté sur le sujet lundi : « Nous faisons plus de tests par habitant que la Corée du Sud, le Royaume-Uni, la France, le Japon, la Suède, la Finlande et bien d’autres pays », a-t-il déclaré, sans citer les nombreux pays qui dépistent plus que les États-Unis, dont l’Allemagne ou le Canada. « L’Amérique est le leader mondial en matière de dépistage », pouvait-on lire sur une affiche qu’il a faite installer dans le Rose Garden.

Après plusieurs contaminations, le port du masque obligatoire à la Maison-Blanche
« L’Amérique est le leader mondial en matière de dépistage ». © Belga Image / Oliver Contreras / CNP

Comme le note le New York Times, les États-Unis sont encore loin de l’objectif de cinq millions de tests quotidien que Donald Trump a fixé le mois dernier : ils sont passés de 150 000 à 300 000. Mais cela n’a pas empêché le président américain de crier victoire : « Nous nous sommes retrouvés face à un moment clé et nous avons vaincu », a-t-il insisté, alors que le bilan des 80 000 décès causés par le Covid-19 était franchi ce lundi.

Le port du masque, une question hautement politique pour Trump

Le mois dernier, Donald Trump avait assuré qu’il ne comptait pas porter de masque, ce que recommandaient pourtant les autorités sanitaires : « Je ne veux pas en porter un… Je me sens bien. Installé dans le Bureau ovale, le superbe Bureau du résolu… Porter un masque alors que j’accueille des présidents, des Premiers ministres, des dictateurs, des rois, des reines… je ne sais pas, je ne me vois pas en porter. » Mais selon l’Associated Press, la raison serait bien plus politique : Donald Trump aurait peur que le port d’un masque ne le montre comme craignant le coronavirus alors qu’il donne la priorité depuis des semaines à la réouverture du pays plutôt qu’au confinement, lui qui comptait faire de la bonne santé de l’économie comme principal argument de campagne pour sa réélection, en novembre prochain. « C’est une question d’ego avec lui, je pense », avait avancé Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, qui se couvre le visage d’un foulard ces dernières semaines. « On aurait pu penser qu’en tant que président des États-Unis, il aurait eu assez confiance pour suivre les recommandations faites au pays », avait-elle ajouté.

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Cela illustre bien à quel point le port du masque et le respect du confinement sont devenus une question politique : Donald Trump a appelé à la révolte dans trois États où les gouverneurs démocrates ont proclamé un confinement, encourageant ainsi les multiples manifestations d’opposants à une telle mesure, qui étaient parfois armés.

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