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Au Nicaragua les médecins appellent au confinement face au « déni » des autorités

Au Nicaragua les médecins appellent au confinement face au "déni" des autorités

La Croix-Rouge internationale vérifient la température des chauffeurs de camions, au Nicaragua le 28 mai 2020. | © Inti OCON / AFP

Santé

Le collectif Observatoire Citoyen comptabilise 3 725 cas suspects contre 759 cas pour le ministère de la Santé.

Face à l’inaction des autorités, les médecins du Nicaragua ont adjuré la population à se mettre « volontairement en quarantaine » pour freiner la propagation du nouveau coronavirus dont les malades submergent les hôpitaux en dépit du « déni » du gouvernement du président Daniel Ortega. Trente-quatre associations de médecins du pays ont appelé lundi soir dans un communiqué à « commencer de manière urgente une quarantaine volontaire pour contribuer à réduire l’impact » de l’épidémie.

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Les médecins appellent les Nicaraguayens à rester à leur domicile pendant au moins un mois en ne sortant qu’une fois par semaine pour s’approvisionner. Ils recommandent également d’observer des mesures de distanciation physique, d’utiliser des masques et des écrans, et de se laver constamment les mains. Ils demandent enfin « la fermeture temporaire des commerces non essentiels ».

Le personnel soignant touché de plein fouet

Selon les organisations médicales signataires de l’appel, la situation est dramatique et pourrait encore s’aggraver : « le système de santé, public comme privé, est débordé (…) avec des hôpitaux saturés, un manque de lits, de médicament et de produits essentiels comme l’oxygène », s’alarment les médecins. Des dizaines de soignants ont été contaminés et le bilan des décédés dans leurs rangs est « important », selon le communiqué qui souligne la fatigue, le surmenage et le stress des professionnels de santé.

Le collectif Observatoire Citoyen, réunissant des médecins et des acteurs de la société civile, a comptabilisé il y a une semaine 3 725 cas suspects et 805 morts (contre 759 cas et 35 morts selon les statistiques du ministère de la Santé). Le gouvernement assure pourtant que la pandémie est « sous contrôle » et, pour préserver l’activité économique, refuse d’imposer des mesures « extrêmes » telles que la fermeture de commerces ou l’arrêt des transports publics.

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Le Conseil supérieur des entreprises privées du Nicaragua a apporté son soutien à l’appel des médecins et a demandé aux « entreprises des secteurs non essentiels qui le peuvent à suspendre leurs activités ». Le gouvernement n’a quant à lui pas réagi à l’initiative des médecins, qui a en revanche reçu également le soutien d’organisations sociales, politiques et de défense des droits de l’homme. Les autorités du Nicaragua, le deuxième pays le plus pauvre d’Amérique latine, ont refusé de prendre des mesures préventives pour les 6,2 millions d’habitants, et ont encouragé la tenue de rassemblements, festivals ou cérémonies, en contradiction avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

Avec Belga

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