Paris Match Belgique

Le travail de nuit augmente les risques de cancer du sein

Le travail de nuit augmente les risques de cancer du sein

Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes. | © Unsplash / National Cancer Institute

Santé

Le cancer du sein est l’une des principales causes de décès chez les femmes. Celles travaillant de nuit seraient particulièrement plus en danger.

Une nouvelle étude scientifique française révèle que les femmes travaillant de nuit ont plus de risques de développer un cancer du sein que les femmes travaillant de jour. Une précédente étude internationale avait déjà établi ce lien en 2018, mais ici, les scientifiques ont enfin découvert la raison. Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes, et l’une des principales causes de décès de manière générale.

Selon les chercheurs français, le travail de nuit perturberait le rythme circadien – l’horloge interne qui régule notamment le sommeil et la température du corps –, ce qui rendrait les tumeurs plus agressives. Dans son introduction, l’étude publiée dans la revue Nature Communications rappelle que seulement 10 % des cas sont héréditaires. La majorité des cancers du sein seraient donc liés à des facteurs comportementaux, hormonaux, ou environnementaux (comme « des cycles lumière / obscurité modifiés »).

Lire aussi > Déterminer les risques de récidive du cancer du sein, c’est possible ?

Le système immunitaire souffre

Afin d’en savoir plus sur les véritables effets de l’environnement sur la santé, les scientifiques ont étudié l’évolution de tumeurs mammaires chez des souris. Les rongeurs ont été divisés en deux groupes distincts : certaines souris faisaient des nuits normales de 12 heures, alors que d’autres dormaient seulement 4 heures une nuit sur deux. Les chercheurs ont découvert au bout de dix semaines qu’en effet, ce changement avait un impact négatif sur le développement des tumeurs. « Ce dérèglement du rythme veille/sommeil augmentait la dissémination des cellules cancéreuses et la formation de métastases », explique l’étude.

L’étude révèle que ces perturbations affaiblissent particulièrement notre système immunitaire, aidant à la propagation des cellules cancéreuses. Les femmes ayant des phases de sommeil trop courtes durant de nombreuses années fragilisent leur système immunitaire, moins efficace contre les tumeurs cancéreuses. Le chercheur Hervé Acloque conseille, auprès du site Allo Docteurs, aux femmes « d’essayer de revenir à des périodes où elles sont actives le jour et elles se reposent la nuit », insistant sur le fait que le travail de nuit devrait ne pas s’étendre sur des années.

Lire aussi > Dépistage cancer du sein : Des risques sous-estimés selon des médecins

Les scientifiques estiment que cette nouvelle étude devrait permettre de faire évoluer la science et la lutte contre le cancer du sein. Selon eux, l’utilisation d’un inhibiteur de la protéine CXCR2 pourrait corriger l’effet d’un décalage horaire interne et protéger le système immunitaire qui lutte contre les cellules cancéreuses.

CIM Internet