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S’isoler avec modération, un choix qui se révèle être excellent pour votre santé (et la créativité)

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Qui a dit que rêvasser seul dans son coin, c'était mauvais pour l'être humain ? | © Unsplash / Fabrizio Verrechia.

Santé

Ne pas toujours courir après les autres, un comportement qui pourrait bien stimuler votre imagination.

 

Avouons-le, le besoin d’être seul est souvent mal perçu par ceux qui nous côtoient. Synonyme de dépression, la solitude choisie ? Pas vraiment, et elle est à ne pas confondre avec l’isolement social, dont 10% des Belges souffrent selon le Centre Commun de Recherche de la Commission européenne. Ici involontaire, ce fléau qui touche les personnes socialement isolées ne sera pas ce dont on parlera, même s’il est évidemment question d’un sujet majeur de santé publique.

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Ce qui nous intéresse ici, c’est lorsque la solitude n’est pas subie mais bien voulue. Quand par exemple à l’aube d’un week-end qui s’annonce très rempli, vous rêvez d’une annulation pour respirer un coup. Mal vu, ce sentiment de devoir se retrouver avec soi-même serait, comme le rapporte Slate – qui cite un article de la BBC – en vérité excellent pour votre santé mentale.

Créativité au carré

Et en premier lieu, cet isolement temporaire ferait un bien fou à votre imagination. La créativité serait donc décuplée quand un être humain s’isole, selon Gregory Feist, chercheur en psychologie de la créativité à l’Université d’État de San Jose en Californie. Ce dernier nous apprend dans ses travaux de recherche que l’une des principales caractéristiques des personnes les plus créatives est leur intérêt moindre pour la socialisation : « La solitude permet les phases d’observation et de réflexion nécessaires au process créatif », détaille-t-il à la BBC.

Non seulement votre créativité sera renforcée par des petites bulles de solitude, mais ces dernières auront aussi un impact non négligeable sur votre santé mentale. La psychologue Julie Bowker nous apprend que l’état d’insociabilité est synonyme de repos mental de notre cerveau. En d’autres termes, si quelqu’un est présent votre cerveau ne pourra pas ignorer cette personne et celle-ci ne sera rien d’autre qu’une distraction.

S’isoler pour mieux socialiser

Si vous êtes seul au contraire, votre cerveau pourra activer son mode par défaut qui, parmi d’autres fonctions, « aide à consolider la mémoire et comprendre les autres ». Un mode d’introspection intime, entre soi et soi-même, sa conscience et son inconscient. Cette activité « inutile », de plus en plus dure à vivre dans nos vies surmenées, aide le cerveau à mieux se concentrer sur le long terme et, paradoxalement, facilite aussi la tâche quand il s’agit de socialiser à nouveau.

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En résumé : pour témoigner d’empathie, se connaître soi-même et tisser des relations sociales solides, il est nécessaire de s’octroyer ces petites bulles de solitude.

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