Paris Match Belgique

Une campagne nationale pour une automédication responsable

Une initiative des associations professionnelles des pharmaciens du pays (APB et Ophaco) | © DR

Santé

Du 21 au 26 septembre, dans le sillage de la journée mondiale du pharmacien, sera menée une action permettant à chacun de consulter gratuitement son pharmacien habituel pour que celui-ci effectue dans son officine un tri des médicaments disponibles à la maison. Une initiative des associations professionnelles des pharmaciens du pays (APB et Ophaco) avec la collaboration de l’asbl Bachi, dont le succès pourrait susciter à l’avenir d’autres initiatives du même genre.

 

Paris Match : Marc Gryseels, vous êtes l’administrateur délégué de Bachi qui défend les intérêts de l’industrie pharmaceutique dans le domaine des médicaments et produits de santé en vente libre alors que vous, Alain Chaspierre, êtes le secrétaire général de l’APB qui représente les pharmaciens belges indépendants, soit quelque 4 200 officines sur les 4 800 que compte le royaume. L’un et l’autre avez joint vos efforts pour mettre sur pied cette campagne de sensibilisation, la première du genre en Belgique. Quel est son objectif ?

Marc Gryseels. Dans le contexte Covid que nous connaissons où l’on a vu des gens se ruer sur les pharmacies à la dernière minute, il nous a semblé opportun de mettre l’accent sur une automédication responsable en proposant aux familles de les aider à procéder à un check-up de leur pharmacie familiale. Dans cette optique, il s’agit d’éliminer les médicaments périmés, de rappeler l’usage de certains d’entre eux avec les posologies appropriées et d’éviter les contre- indications éventuelles entre ceux-ci ou de la compléter. Bref de disposer d’une pharmacie familiale optimale en adéquation avec les besoins de la famille.

Alain Chaspierre. Pour que cette action remplisse efficacement son rôle, les pharmaciens disposeront de tout le matériel adéquat dont des autocollants pour catégoriser lisiblement et complètement les produits. L’objectif de cette campagne est aussi d’attirer l’attention sur l’intérêt d’un conseil personnalisé afin de disposer du produit adapté avec le maximum d’avantages et le minimum de risque et de veiller au bon usage des médicaments et produits de santé. Sur ce point, l’encodage dans le dossier pharmaceutique est capital comme a pu le démontrer l’actualité médicale récente. Ainsi, en pleine crise Covid, de nombreux hôpitaux ont du formuler des demandes urgentes pour que les pharmaciens de référence éditent des schémas de médication complet pour les patients afin d’éviter des interactions dangereuses entre les molécules administrées à l’hôpital. Mais, j’insiste, ce partage des données ne peut être effectué sans l’accord du patient.

Ce dossier pharmaceutique représente donc à vos yeux une avancée sur le plan de la santé des patients ?
M.G. Indéniablement ! Prenez l’exemple du patient qui a mal au dos. Il consulte et se voit prescrire des anti-douleurs. La semaine suivante, il se rend chez le dentiste pour l’extraction d’une dent et reçoit, là aussi, des anti-inflammatoires. En amont, le pharmacien peut éviter la surconsommation et s’assurer que la bonne molécule est utilisée au bon moment. Voilà pourquoi nous sommes convaincus de l’utilité d’unifier le dossier pharmaceutique de tout un chacun, avec l’avantage de disposer d’un historique prenant en compte les autres pathologies éventuelles.

A.C. Le pharmacien a un rôle d’orientation majeur. On sait qu’aujourd’hui, deux personnes sur trois se rendent spontanément dans leur pharmacie pour un conseil ou pour obtenir un médicament sans ordonnance. Ces conseils sont évidemment adaptés à la situation de chacun.

M.G. Pour Bachi, il est important qu’un produit de santé soit l’objet d’un avis autorisé, que ce soit de la part du médecin ou du pharmacien.

Revenons à cette campagne de septembre. Comment les choses se passent-elles concrètement durant ces six journées selfcare ? Peut-on s’attendre à d’autres initiatives conçues comme un vrai service à la population ?

M.G. Du 21 au 26 septembre, le patient pourra prendre rendez-vous chez son pharmacien qui lui garantira un accueil personnalisé et un environnement protégé. Celui-ci prendra le temps de faire gratuitement le tri de la pharmacie familiale avec les conseils appropriés. Si le succès d’une telle opération est au rendez-vous, nous espérons organiser d’autres actions de manière récurrente centrées sur la prévention et l’automédication.

A.C. Nous pouvons en effet imaginer tous les ans mettre en exergue l’importance d’une « automédication responsable » et du rôle majeur de conseil et d’accompagnement de première ligne des pharmaciens en la matière comme acteur de soins proche de la population et facilement accessible… Pour la campagne actuelle, nous avons distribué des affiches dans les officines et sensibilisé les pharmaciens à cette démarche.

Des infos complémentaires sont disponibles sur le site pharmacie.be, sur celui de bachi.be ainsi que chez tous les partenaires et associations professionnelles. Les réseaux sociaux seront également tenus informés et un bilan sera également dressé et rendu public au terme de la campagne.

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