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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les maladies cardiovasculaires

Face à la pandémie, les observateurs scientifiques ont pu observer la vulnérabilité particulière des patients cardiaques, hypertendus, diabétiques ou en surpoids | © DR

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Première cause de mortalité en Belgique, les maladies cardiovasculaires demeurent plus que jamais une priorité de santé publique. D’où la publication d’une brochure de 80 pages à destination des patients et du grand public afin d’offrir une information complète en matière de prévention. Ce document gratuit, diffusé le plus largement possible, peut d’ailleurs être téléchargé sur le site internet du Fonds pour la Chirurgie Cardiaque (FCC) à qui revient cette initiative.

 

Paris Match. Pourquoi avoir publié cette brochure aujourd’hui alors que toute l’attention est encore largement monopolisée par le Covid-19 ?
Le moment n’est pas choisi au hasard car face à la pandémie, les observateurs scientifiques ont pu observer la vulnérabilité particulière des patients cardiaques, hypertendus, diabétiques ou en surpoids, ces derniers concernant près de la moitié des Belges. Par ailleurs, le Fonds pour la Chirurgie Cardiaque voulait poser un geste fort à l’occasion de ses 40 ans d’existence durant lesquels, outre le financement de la recherche cardiovasculaire, il s’est attaché à promouvoir la santé du cœur par la diffusion auprès du grand public de brochures d’information et de prévention. Notre brochure Le risque cardiovasculaire dont il est question aujourd’hui n’est donc pas la première du genre ; mais il s’agit d’une édition soigneusement revue et corrigée dont le nombre de pages s’est étoffé pour proposer une mise à jour plus complète des connaissances en matière de facteurs de risques.

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Parmi les préoccupations actuelles en matière de santé cardiaque, quels sont les problèmes sur lesquels vous avez tenu à attirer particulièrement l’attention ?
Outre les problèmes inhérents à ce type de pathologie comme l’hypertension, le cholestérol, la sédentarité, l’obésité ou le diabète, nous passons également en revue les conséquences de la cigarette électronique comme aide au sevrage tabagique, les effets des microparticules diesel, les liens possibles entre maladies parodontale et cardiovasculaire, mais aussi les spécificités de la pathologie cardiaque chez la femme, ce qui a d’ailleurs valu au projet d’édition de notre asbl de remporter le « Gender Award » de la Loterie Nationale.

On avait déjà accusé, en son temps, le rôle néfaste des particules fines au niveau des pathologies respiratoires. La pollution aurait donc également des implications sur les maladies cardiovasculaires ?
Indéniablement. Le lien entre exposition à la pollution atmosphérique et les maladies cardiovasculaires est établi par de nombreuses études épidémiologiques. La compréhension fine des mécanismes d’action des particules fines sur le système cardiovasculaire doit permettre une meilleure identification des personnes les plus à risques. Le professeur Guy Berkenboom et le docteur Aurélien Wauters qui a consacré sa thèse de doctorat à la question ont apporté leur expertise à l’article de la brochure consacré à ce sujet.

L’E-cigarette ne trouve pas tout à fait grâce à vos yeux. Que sait-on des dangers encourus par son utilisation ?
De nombreux européens disent avoir réussi à se sevrer du tabac grâce à l’e-cigarette réputée moins toxique que la cigarette classique. Cependant, il n’existe que peu de données sur l’impact sanitaire de cette nouvelle technologie. Depuis trois ans avec le soutien du FCC notamment, le Dr Martin Chaumont étudie les effets de l’e-cigarette sur les systèmes cardiovasculaire et respiratoire. Si l’impact est relativement négligeable sur le système cardiovasculaire, son utilisation pourrait modifier la physiologie pulmonaire et perturber les échanges d’oxygène entre les poumons et le sang. Ces découvertes pourraient permettre de cibler les patients à orienter vers l’e-cigarette et ceux qui devraient l’éviter.

Sous le titre « Notre bouche peut-elle menacer notre coeur », vous mettez en garde contre la paradontite, une infection buccale courante qui devrait requérir la vigilance du patient.
Cette infection peut en effet être à l’origine du passage dans la circulation sanguine de composés bactériens et contribuer à un état inflammatoire chronique. D’une manière globale, une mauvaise santé buccale a probablement des répercussions sur notre état de santé général, même si une relation de cause à effet entre la maladie parodontale et les maladies cardiovasculaires n’a pas été démontrée pour l’instant. Mais l’on sait que ces dernières sont multifactorielles tout comme la maladie parodontale.

En matière de prévention, vous insistez sur la nécessité absolue de pratiquer régulièrement une activité physique.
Une activité physique régulière est essentielle, et pas seulement pour contrer les maladies cardiovasculaires. Une très large étude épidémiologique comportant plus de 400.000 personnes et publiée dans la prestigieuse revue « The Lancet », démontre clairement que plus on pratique une activité physique, plus on est « protégé ». A partir de 15 minutes d’exercices par jour, la mortalité globale diminue de 14 %, ce qui correspond à 3 ans d’espérance de vie en plus. Chaque augmentation supplémentaire de 15 minutes d’exercices par jour s’accompagne d’une réduction supplémentaire de mortalité globale de 4 % et de mortalité par cancer de 1 %. Ceci est vrai pour tout âge, sexe et même en présence de maladie cardiovasculaire.

Distribution gratuite

La brochure éditée par le Fonds pour la Chirurgie Cardiaque est disponible sur simple demande par mail à info@hart-chirurgie-cardiaque.org ou par téléphone au 02/644 35 44.
Elle est également téléchargeable sur le site www.fondspourlachirurgiecardiaque.be

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