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L’homme de Néandertal hibernait probablement il y a 400 000 ans pour survivre au froid

L'homme de Néandertal hibernait probablement il y a 400 000 ans pour survivre au froid

Image d'illustration. | © MARCO BERTORELLO / AFP

Santé

L’Homme serait même encore capable d’hiberner.

 

On savait que de nombreux animaux hibernaient durant l’hiver : les marmottes, les loirs, les chauves-souris, les hérissons, et bien d’autres. Mais est-ce que les humains seraient également capables de diminuer la température de leur corps pour hiberner ? Il semblerait que la réponse soit oui, ou du moins, leurs ancêtres.

Selon une étude parue le mois dernier dans la revue scientifique L’Anthropologie, l’homme de Néandertal aurait en effet hiberné pour survivre aux hivers rigoureux. Le Monde rapporte que des fossiles ont été découvert dans une grotte sur nord de l’Espagne confirmant cette théorie. Concrètement, les Hommes à cette époque ralentissaient leur métabolisme et dormaient pendant plusieurs mois pour supporter le froid extrême.

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Ces ossements appartiennent aux premiers Néandertaliens qui vivaient il y a plus de 400 000 ans. Les scientifiques ont observé sur les fossiles des lésions également présentes chez les animaux qui hibernent, précise The Guardian. Des détails d’une grande importance, laissant croire que l’homme de Néandertal hibernait, tout comme certains animaux. Les auteurs de l’étude expliquent que nos ancêtres se seraient retrouvés avec des températures extrêmement froides, sans réserve de nourriture, mais avec « suffisamment de réserves de graisse corporelle ». « Cette stratégie d’hibernation aurait été la seule solution pour eux afin de survivre en devant passer des mois dans une grotte à cause du froid », rapporte Le Monde.

En 2002, un explorateur hiverne

L’hibernation est une hypothèse intéressante, mais elle doit encore être vérifiée. Malgré tout, penser que l’Homme est capable d’hiberner (ou d’hiverner) n’est pas totalement absurde. En 2009, un médecin du CHU de Toulouse était arrivé à la conclusion que l’Homme était encore capable d’hiverner. Christian Bourbon avait analysé les données de Stéphane Lévin, un explorateur qui avait hiverné plus de six mois en Arctique entre octobre 2002 et avril 2003. Contrairement à l’hibernation, où le corps est totalement léthargique avec une diminution importante de la température, l’hivernation est entrecoupée de nombreux réveils et s’accompagne d’une hypothermie modérée. Le docteur avait conclu que le système « veille-sommeil » était régulé par l’activité de l’homme, mais aussi par la lumière naturelle et la température ambiante, rapportait à l’époque Le Figaro.

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Ce spécialiste de médecine du sommeil a ainsi découvert que l’exposition prolongée à des températures basses extrêmes « augmente de 50 % la durée totale de sommeil et de 75 % la somnolence diurne ». Ces données permettent ainsi de mieux comprendre la dépression hivernale et l’influence de l’environnement extérieur qui est largement sous-évalué.

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