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Rechercher ses symptômes sur internet, est-ce une si mauvaise chose ?

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Une habitude qui se révèle efficace. | © pixabay

Santé

Taper nos symptômes dans un moteur de recherche, on l’a déjà tous fait. Mais est-ce si peu conseillé comme la rumeur le prétend ?

 

Un mal de tête ou une rougeur inhabituelle, et hop on fonce sur le net pour tenter de découvrir ce que pourrait cacher ces nouveaux symptômes. On nous a pourtant répété plus d’une fois que c’était une chose à ne jamais faire, qui pouvait mener à envisager le pire et à devenir paranoïaque. Il semblerait néanmoins que cette croyance soit surfaite. En effet, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Harvard publiée dans la revue médicale JAMA Network, l’autodiagnostic en ligne serait de plus en plus précis.

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Les chercheurs ont souhaité mesurer le lien entre la recherche d’une information relative à la santé et la convalescence de la personne en question. Ainsi 5 000 participants américains, principalement des femmes et des hommes blancs de plus de 45 ans, se sont prêtés à l’exercice. Il leur a été demandé d’imaginer qu’ils présentaient des symptômes et d’établir seuls un diagnostic à partir d’informations données par les chercheurs. Ensuite, ils ont recherché une nouvelle fois ces symptômes sur le net et ont émis un nouveau diagnostic en le classant entre les catégories “laisser la maladie guérir seule” et “se rendre aux urgences”. Durant tout ce travail, les participants ont également évaluer l’évolution de leur niveau d’angoisse, afin de constater si les recherches internet contribuaient à les mener vers l’hypocondrie.

Pas de corrélation

Selon les résultats, l’exactitude du diagnostic s’en retrouve amélioré après l’étape internet, puisque la véracité de ce dernier passe de 49.8% à 54%. En moyenne, les participants ont mis 12 min pour établir un diagnostic. Sans surprise, ce sont les personnes plus âgées et ayant une expérience dans le milieu de la santé qui ont été le plus proche de la vérité. Pour ce qui est du niveau d’anxiété des participants, il est resté le même tout au longue l’expérience, même après avoir cherché les symptômes sur internet. Si les réseaux sont par contre connus pour fournir des informations erronées, ils n’ont eu que très peu d’influence sur les participants, puisqu’ils se sont contentés faire leur recherche sur Google en général.

« Beaucoup de médecins pensent que l’utilisation d’internet pour se renseigner sur un symptôme est une mauvaise idée. Cette étude prouve que ce n’est pas le cas » , a expliqué le Docteur David Levine, de l’école de médecine de Harvard au Guardian.

 

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