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Santé mentale : Le confinement a été plus difficile pour les filles que pour les garçons

Santé mentale : Le confinement a été plus difficile pour les filles que pour les garçons

"Elles se sentaient le matin beaucoup plus tristes, préoccupées, nerveuses et fatiguées." | © Pixabay

Santé

Les filles faisaient trois fois plus de cauchemars que les garçons durant le confinement.

 

Cette longue période de confinement n’a pas été sans conséquence pour notre santé mentale. Selon une enquête publiée par Santé publique France, il semblerait même que le premier confinement au printemps 2020 ait été particulièrement difficile pour les jeunes. 30 % des 13-18 ans et 27,2 % des 9-12 ans ont éprouvé plus de difficultés pour s’endormir.

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Les 13-18 ans « semblaient présenter une santé mentale plus impactée par rapport aux plus jeunes » : en plus des difficultés d’endormissement, 12,5 % des ados faisaient plus de cauchemars, 18,3 % avaient plus de réveils nocturnes et 27 % se disaient plus fatigués le matin, tandis que 25,1 % déclaraient trop manger plus souvent. Des symptômes psychologiques plus sévères ont été mis en lumière, comme une augmentation de la tristesse (7 % des ados), de la nervosité (13,1 %) ou une peur importante (5,2 %).

Une charge mentale plus lourde pour les filles

Cette étude montre également que « les filles semblaient présenter une santé mentale plus impactée que les garçons ». Elles étaient par exemple près de trois fois plus concernées par l’augmentation des cauchemars et deux fois plus par le fait de trop manger. Les filles avaient également plus de difficultés à s’endormir que les garçons (32,7 % contre 21,9 %), et avaient plus de réveils nocturnes (19,4 % contre 11,2 %).

Les filles ont également été plus impactées sur un aspect émotionnel. « Elles se sentaient le matin beaucoup plus tristes, préoccupées, nerveuses et fatiguées, moins détendues et tranquilles, et elles s’ennuyaient beaucoup », peut-on lire dans le rapport. Les chercheurs expliquent cette différence par la répartition genrée des tâches et la charge mentale qui pèse plus lourdement sur les filles. Elles sont plus enclin à devoir participer aux tâches domestiques et éducatives, en aidant par exemple leurs frères et soeurs avec leurs devoirs.

L’importance de s’aérer l’esprit

Qu’ils soient filles ou garçons, les jeunes les plus touchés par ces symptômes de détresse psychologique étaient généralement ceux « exposés à des conditions de vie plus difficiles » : ils étaient davantage confinés en zone urbaine, dans un logement sans jardin ou balcon, dans un logement sur-occupé, où ils ne pouvaient pas d’isoler, ou sans connexion internet. Ils vivaient aussi plus souvent dans des familles monoparentales, avec des parents à faible niveau d’études, nés à l’étranger et connaissant des difficultés financières.

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« Un manque d’activités, une augmentation du temps passé sur les réseaux sociaux et les écrans, un sentiment d’être dépassé par rapport au travail scolaire, l’infection à la Covid-19 d’un proche et l’hospitalisation suite au Covid-19 étaient également liés à la détresse », décrit l’auteure de l’étude. Un soutien social et l’exercice d’activités pendant le confinement étaient au contraire associés à un score plus élevé de résilience.

Avec l’AFP

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